Psychanalyse

Souvent retrouvée sous le diminutif « psy », la psychanalyse est à différencier de la psychologie, de la psychiatrie et de la psychothérapie. Le psychologue est un professionnel diplômé en psychologie qui travaille autour des faits psychiques, qu’ils soient individuels ou collectifs. Le psychothérapeute est le nom donné au psychologue lorsque qu’il prend en charge ou accompagne un patient. Le psychiatre est un médecin spécialisé dans la prise en charge des pathologies mentales.
Sigmund Freud, fondateur de la psychanalyse, publie en 1923 une définition de son invention : c’est un procédé d’investigation des processus psychiques inconscients, une méthode de traitement des troubles névrotiques, ainsi qu’un ensemble de conceptions psychologiques (1).
Le titre de psychanalyste n’est pas protégé (2): il est simplement recommandé pour en faire usage, d’avoir fait soi-même une cure psychanalytique.
Si les fondements de la psychanalyse sont discutables et discutés car ils s’appuient uniquement sur des cas individuelsv (3), il est en revanche tout à fait possible d’évaluer son efficacité (4).
La psychanalyse n’a pas fait preuve de son efficacité dans la prise en charge des enfants et adolescents abusés sexuellement(5), ni dans la prise en charge de la schizophrénie (6).
La psychanalyse n’a pas non plus fait preuve de son efficacité pour traiter les troubles obsessionnels compulsifs, les troubles de stress post-traumatique (7), ni l’addiction à la cocaïne, mais semble apporter des bénéfices dans le traitement des troubles somatoformes, l’anxiété (8), la dépression(9), les troubles de la personnalité, les troubles bipolaires (10), et les troubles de l’alimentation (11) . Ses effets, modestes à importants, dans la population générale, sont à interpréter avec prudence, et demandent à tenir compte d’une variabilité très importante (12). On ne trouve que de rares recommandation, seulement après échec d’une thérapeutique de type psychothérapie comportementale, par exemple (13). Une méta-analyse montre une efficacité relative dans la prise en charge des troubles addictifs associés à un état limite (14).
D’autres méta-analyses contredisent l’efficacité de la psychanalyse dans le traitement de la dépression, mais la confirme dans le traitement des troubles de la personnalité (15).
La psychanalyse n’est pas recommandée dans la prise en charge des troubles du spectre de l’autisme (16).
Les effets indésirables de la psychanalyse sont relativement négligés dans la littérature, qu’ils concernent la détérioration des relations familiales, les dérives sexuelles, l’insistance du thérapeute malgré l’échec, l’aggravation du trouble (17).
Les preuves de l’efficacité de la psychanalyse sont pour partie empiriques (18) et souvent contradictoires. Si la psychanalyse peut montrer un intérêt dans la réflexion que va avoir le thérapeute, elle ne doit pas être utilisée pour des pathologies mentales. Elle peut s’avérer dangereuse, car s’adresse à une population vulnérable et peut créer des liens erronés (suggestibilité (19) et induction de faux souvenirs (20), par exemple).
L’utilisation de la psychanalyse demande de plus grandes preuves de son efficacité. De plus, elle expose à des risques de dérives sectaires et addictives.

1 « Psychoanalysis » in Encyclopedia Britannica, consulté sur www.britannica.com le 19 novembre 2019.
2 De Mijolla)Mellor S. « Remarques sur le statut et les réglementations de la psychanalyse », Topique 2007 ; 4(101) : 7-10.
3 Meganck R et coll. “Beyond clinical case studies in psychoanalysis: a review of psychoanalytic empirical single case studies published in ISI-ranked journals”, Front Psychol 2017 ; 8:1749.
4 Waldron S Jr “How can we study the efficacy of psychoanalysis ?”, Psychoanal Q 1997;66(2):283-322.
5 Parker B et Turner W “Psychoanalytic/psychodynamic psychotherapy for children and adolescents who have been sexually abused”, Cochrane Database of Systematid Reviews 2013 ; 7 : CD008162.
6 Malmberg L et coll. “Individual psychodynamic psychotherapy and psychoanalyses for schizophrenia and severe mental illness”, Cochrane Database of Systematic reviews 2001 ; 3 : CD001360.
7 Prescrire redaction “Stress réactionnel à un traumatisme grave : la médicalisation est loin d’être prioritaire », Rev Prescrire 2006 ; 26(277) :760-763.
8 Steinert C et coll “Psychodynamic therapy : as efficacious as other empirically supported treatments ? A meta-analysis testing equivalence of outcomes”, Am J psychiatry 2017 ; 174(1):943-953.
9 Driessen E et coll “The efficacy of short-term psychodynamic psychotherapy for depression: a meta-analysis update”, Clin Psychol Rev 2015 ; 42: 1-15.
10 Lewis AJ et coll “Short-term psychodynamic psychotherapy: review of recent process and outcome studies”, Austr New Zealand J Psychiatr 2008;42(6):445-455.
11 Leichsenring F et coll “Psychodynamic therapy meet evidence-based medicine: a systematic review using updated criteria”, Lancet Psychiatry 2015;2(7):648-660.
12 Abbass AA et coll. ”Short-term psychodynamic psychotherapies for common mental disorders”, Cochrane Database Syst Rev 2014 ; 7 : CD004687.
13 Ho C et Adcock A “Short-term psychodynamic psychotherapy for the treatment of mental illness: a review of clinical effectiveness and guidelines”, Canadian Agency for Drugs and Technologies in Health 2017 : 23 pages.
14 Stoffers-Winterling JM et coll “Psychological therapies for people with borderline personality disorder”, Cochrane Database Syst Rev 2012 ; 8: CD005652.
15 Inserm « Psychothérapie : trois approches évaluées », Les éditions Inserm 2004, Paris : 570 pages.
16 HAS et Anesm “Autisme et autres troubles envahissants du développement : intervention éducatives et thérapeutiques coordonnées chez l’enfant et l’adolescent », Recommandation de bonne pratique HAS 2012 : 471 pages.
17 Kächele H et Schachter J “On side effects, destructive processes, and negative outcomes in psychoanalytic therapies: why is it difficult for psychoanalysts to acknowledge and address treatment failures ?”, Contemorary Psychoanalysis 2014;50(1-2):233-258.
18 Shedler J “The efficacy of psychodynamic psychotherapy”, Am Psychol 2010;65(2):98-109.
19 Griego AW et coll “Suggestibility and false memories in relation to intellectual disability and autism spectrum disorder: a meta-analytic reviex”, J Intellect Disabil Res 2019; 63(12):1464-1474.
20 Otgaar H et coll. “What drive false memories in psychopathology ? A case for associative activation”, Clin Psychol Sci 2017;5(6):1048-1069.

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