FAKEMED-O-MÈTRE 2021

Le Fakemed-o-mètre est une évaluation de la perméabilité des universités aux pratiques de soins non conventionnelles.

Initialement construit en 2018, par les membres du Collectif No Fakemed, nous venons de le remettre à jour afin de réévaluer, après l’arrêt du remboursement de l’homéopathie, mais surtout après cette période de crise sanitaire, la perméabilité des universités françaises aux pratiques de soins non conventionnelles

La raison de ce travail est qu’en 2021, il nous apparait affligeant que des universités, portail du savoir en France, proposent encore des formations pour des pratiques n’ayant jamais fait preuve de leur efficacité.

MÉTHODOLOGIE

Les points ont été attribués aux différentes universités selon quatre catégories, et de la manière suivante :

  • Formations 

            Les diplômes interuniversitaires (DIU) et les diplômes d’études supérieures universitaires comptent chacun 4 points.

            Les diplômes universitaires (DU) comptent 3 points.

            Toutes les autres formations comptent 2 points.

  • Consultations en CHU (Centres hospitaliers universitaires)

            Toute consultation mettant en valeur des pratiques de soins non conventionnelles (PSNC) ajoute 1 point à l’université à laquelle est rattaché le CHU.

             + 5 points pour les universités parisiennes en raison de l’offre pléthorique de l’AP-HP (cf sources)

  • Direction des universités

            Dans cette partie, des points ont été attribués aux prises de position publiques du doyen ou de l’université. Deux universités ont obtenu des points :

        + 5 pour l’université Aix-Marseille en raison des prises de position de l’IHU Méditerranée Infection et de son directeur tout au cours de la pandémie de Sars-Cov-2 pour la promotion de thérapeutiques non éprouvées, ainsi que les tribunes offertes lors des cours (de surcroit disponible sur une plateforme vidéo) à des intervenants foulant aux pieds les données acquises de la science

        + 3 pour l’université de Côte d’Azur dont le doyen participe à la promotion de l’Observatoire des médecines complémentaires et non conventionnelles (OMCNC).

  • Partenariat

            Tout partenariat avec une structure faisant la promotion voire le commerce de pratiques de soins non conventionnelles ajoute 3 points.

  • Ajout de Point bonus

            L’université de Montpellier-Nîmes propose, au milieu de DIU discutables, un DU Emprise sectaire, qui nous apparait primordial, et encore davantage après lecture du dernier rapport de la Miviludes signalant une hausse des dérives sectaires dont la porte d’entrée correspond au secteur de la santé.

RÉSULTATS

L’observation des différentes universités françaises nous a permis de compter ces différents points afin de classer les universités. Les universités de santé les plus vertueuses sont les suivantes :

A l’autre extrémité, les universités de santé les plus perméables aux pseudosciences sont les suivantes :

Il est à noter que, l’université de Strasbourg compte un seul campus tandis que les universités de Paris et de Lyon regroupent plusieurs campus.

CLASSEMENT COMPLET

Le classement complet allant des universités les plus vertueuses à celles les plus perméables aux pseudosciences est, selon notre décompte, le suivant :

Tableau 3 : Classement Fakemed-o-mètre des universités de la plus vertueuse à la plus perméable aux pseudosciences

Ce classement a vocation à s’adapter aux changements et décisions des différentes universités de santé.

Quelques remarques

Nous constatons

  • qu’une approche critique apparait dans certains programmes, mais souvent comme un simple faire-valoir noyé sous un enseignement plus ésotérique que scientifique.
  • que les consultations des CHU proposant des pseudothérapies concernent le plus souvent l’obstétrique, et les femmes de manière générale. Nous invitons les chefferies de service de ces centres à considérer que les femmes doivent être soignées comme tout le monde, selon les données acquises de la science.

EN CONCLUSION

Si les choses ont évolué depuis 2018, il est désolant de voir que les universités ne se fondent pas toutes sur les données acquises de la science, avant de proposer des formations, des consultations dans les structures de formation que sont les centres hospitaliers universitaires (CHU), de mettre en place des partenariats, de prendre la parole auprès du grand public.

EN DÉTAIL…

ClassementUniversité  Points totauxPoints FormationsPoints CHUPartenariat/promotionDirection
1Strasbourg20 17 points
DU médecine, méditation et neurosciences
DU Prise en charge soignants/soignés et sophrologie DU acupuncture obstétricale
4 formations en médecine anthroposophique
3 points
aromathérapie homéopathie et imagerie de la femme
Homéopathie et acupuncture obstétricale
Acupuncture antalgique
0 point0 point
2Université de Paris1813 points
DU ostéopathie en périnatalité
DU approche psychanalytique du corps
DU clinique psychanalytique kleinienne
DIU phytothérapie, aromathérapie
5 points (cf méthodologie)0 point0 point
Lyon1815 points
DIU acupuncture scientifique
DU méditation pleine conscience et compassion : approche intégrative en santé
DIU thérapeutiqu homéopathique
DIU mésothérapie
0 point3 points
Amphithéâtre Boiron
0 point
4Montpellier-Nîmes1714 points
DU Sensibilisation à la sophrologie médicale
DU méditation et santé
DIU acupuncture obstétricale
DIU acupuncture médicale 
1 point
acupuncture obstétricale
3 points
iHomeopath et CHU Montpellier
0 point
Sorbonne1712 points
DU pratiqes corps-esprit en médecine traditionnelle chinoise
DU Méditation, gestion du stress et relation de soin
DIU Médecine chinoise
DIU Mésothérapie
5 points (cf méthodologie)0 point0 point
6Aix-Marseille159 points
CU sophrologie
DESU phytothérapie aromathérapie homéopathie
DU thérapeutique homéopathique
1 point
mésothérapie en médecine physique et réadaptation
0 point5 points (cf méthodologie)
7UPEC116 points
DU Taï-chi thérapeutique
DU douleurs chroniques et posturologie
5 points (cf méthodologie)0 point0 point
8Limoges1010 points
DIU conseil en phytothérapie et aromathérapie
DU homéopathie et thérapeutique homéopathique
DU thérapie complémentaire
0 point0 point0 point
Rouen1010 points
DU homéopathie
DU initiation acupunctue
DIU acupuncture obstétricale
0 point0 point0 point
10Côte d’azur96 points
DU méditation, relaxation thérapeutique et soins
DU notions et concepts fondamentaux en psychanalyse
0 point0 point3 points (cf méthodologie)
Nantes98 points
DIU acupuncture obstétricale
DIU initiation acupuncture médicale
1 point
acupuncture et ostéopathie antalgiques
0 point0 point
12Grenoble Alpes86 points
DU thérapies complémentaires
DU aromathérapie chronique
2 points
acupuncture obstétricale
acupuncture antalgique
0 point0 point
13Bordeaux63 points
DU pratiques de soins en hydrothérapie
0 point3 points
Aqui O Thermes
0 point
Dijon66 points
DU aromathérapie
DU mésothérapie
0 point0 point0 point
15Poitiers54 points
DIU thérapeutique homéopathique
1 point
homéopathie, sophrologie, acupuncture antalgiques
0 point0 point
Toulouse54 points
DIU conseils en aromathérapie et phytothérapie
1 point
Méditation pleine consience et Parkinson
0 point0 point
Paris Saclay50 point5 points (cf méthodologie)0 point0 point
18Clermont-Ferrand44 points
DIU mésothérapie
0 point0 point0 point
Reims44 points
DIU thérapeutique homéopathique
0 point0 point0 point
Tours44 points
DIU phytothérapie et aromathérapie
0 point0 point0 point
21Besançon33 points
DU phytothérapie et aromathérapie
0 point0 point0 point
Brest33 points
DU thérapeutique homéopathique
0 point0 point0 point
La Réunion33 points
DU Méditation et relation de soins
0 point0 point0 point
Lille 234 points
DIU acupuncture obstétricale
0 point0 point0 point
Polynésie française32 points
Formation aromathérapie
1 point
tradipraticien en oncologie thoracique
0 point0 point
26Rennes20 point2 points
acupuncture antalgique
mésothérapie en pédiatrie antalgique
0 point0 point
27Picardie10 point1 point
consultation SF tabacologie homéopathie, acupuncture
0 point0 point
Caen10 point1 point
acupuncture obstétricale
0 point0 point
Lorraine10 point1 point
acupuncture obstétricale
0 point0 point
30Angers00 point0 point0 point0 point
Lille Catho00 point0 point0 point0 point
Saint-Etienne00 point0 point0 point0 point
Tableau 4 : récapitulatif des points acquis, répartis selon les catégories

SOURCES

Consultables sur https://docs.google.com/document/d/1B59VoS8s6v7OtDiogirVG8o9TlB9o5R7nvFsYwJx0iY/edit?usp=sharing

Collectif No FakeMed 12 août 2021

Psychanalyse

Souvent retrouvée sous le diminutif « psy », la psychanalyse est à différencier de la psychologie, de la psychiatrie et de la psychothérapie. Le psychologue est un professionnel diplômé en psychologie qui travaille autour des faits psychiques, qu’ils soient individuels ou collectifs. Le psychothérapeute est le nom donné au psychologue lorsque qu’il prend en charge ou accompagne un patient. Le psychiatre est un médecin spécialisé dans la prise en charge des pathologies mentales.
Sigmund Freud, fondateur de la psychanalyse, publie en 1923 une définition de son invention : c’est un procédé d’investigation des processus psychiques inconscients, une méthode de traitement des troubles névrotiques, ainsi qu’un ensemble de conceptions psychologiques (1).
Le titre de psychanalyste n’est pas protégé (2): il est simplement recommandé pour en faire usage, d’avoir fait soi-même une cure psychanalytique.
Si les fondements de la psychanalyse sont discutables et discutés car ils s’appuient uniquement sur des cas individuelsv (3), il est en revanche tout à fait possible d’évaluer son efficacité (4).
La psychanalyse n’a pas fait preuve de son efficacité dans la prise en charge des enfants et adolescents abusés sexuellement(5), ni dans la prise en charge de la schizophrénie (6).
La psychanalyse n’a pas non plus fait preuve de son efficacité pour traiter les troubles obsessionnels compulsifs, les troubles de stress post-traumatique (7), ni l’addiction à la cocaïne, mais semble apporter des bénéfices dans le traitement des troubles somatoformes, l’anxiété (8), la dépression(9), les troubles de la personnalité, les troubles bipolaires (10), et les troubles de l’alimentation (11) . Ses effets, modestes à importants, dans la population générale, sont à interpréter avec prudence, et demandent à tenir compte d’une variabilité très importante (12). On ne trouve que de rares recommandation, seulement après échec d’une thérapeutique de type psychothérapie comportementale, par exemple (13). Une méta-analyse montre une efficacité relative dans la prise en charge des troubles addictifs associés à un état limite (14).
D’autres méta-analyses contredisent l’efficacité de la psychanalyse dans le traitement de la dépression, mais la confirme dans le traitement des troubles de la personnalité (15).
La psychanalyse n’est pas recommandée dans la prise en charge des troubles du spectre de l’autisme (16).
Les effets indésirables de la psychanalyse sont relativement négligés dans la littérature, qu’ils concernent la détérioration des relations familiales, les dérives sexuelles, l’insistance du thérapeute malgré l’échec, l’aggravation du trouble (17).
Les preuves de l’efficacité de la psychanalyse sont pour partie empiriques (18) et souvent contradictoires. Si la psychanalyse peut montrer un intérêt dans la réflexion que va avoir le thérapeute, elle ne doit pas être utilisée pour des pathologies mentales. Elle peut s’avérer dangereuse, car s’adresse à une population vulnérable et peut créer des liens erronés (suggestibilité (19) et induction de faux souvenirs (20), par exemple).
L’utilisation de la psychanalyse demande de plus grandes preuves de son efficacité. De plus, elle expose à des risques de dérives sectaires et addictives.

1 « Psychoanalysis » in Encyclopedia Britannica, consulté sur www.britannica.com le 19 novembre 2019.
2 De Mijolla)Mellor S. « Remarques sur le statut et les réglementations de la psychanalyse », Topique 2007 ; 4(101) : 7-10.
3 Meganck R et coll. “Beyond clinical case studies in psychoanalysis: a review of psychoanalytic empirical single case studies published in ISI-ranked journals”, Front Psychol 2017 ; 8:1749.
4 Waldron S Jr “How can we study the efficacy of psychoanalysis ?”, Psychoanal Q 1997;66(2):283-322.
5 Parker B et Turner W “Psychoanalytic/psychodynamic psychotherapy for children and adolescents who have been sexually abused”, Cochrane Database of Systematid Reviews 2013 ; 7 : CD008162.
6 Malmberg L et coll. “Individual psychodynamic psychotherapy and psychoanalyses for schizophrenia and severe mental illness”, Cochrane Database of Systematic reviews 2001 ; 3 : CD001360.
7 Prescrire redaction “Stress réactionnel à un traumatisme grave : la médicalisation est loin d’être prioritaire », Rev Prescrire 2006 ; 26(277) :760-763.
8 Steinert C et coll “Psychodynamic therapy : as efficacious as other empirically supported treatments ? A meta-analysis testing equivalence of outcomes”, Am J psychiatry 2017 ; 174(1):943-953.
9 Driessen E et coll “The efficacy of short-term psychodynamic psychotherapy for depression: a meta-analysis update”, Clin Psychol Rev 2015 ; 42: 1-15.
10 Lewis AJ et coll “Short-term psychodynamic psychotherapy: review of recent process and outcome studies”, Austr New Zealand J Psychiatr 2008;42(6):445-455.
11 Leichsenring F et coll “Psychodynamic therapy meet evidence-based medicine: a systematic review using updated criteria”, Lancet Psychiatry 2015;2(7):648-660.
12 Abbass AA et coll. ”Short-term psychodynamic psychotherapies for common mental disorders”, Cochrane Database Syst Rev 2014 ; 7 : CD004687.
13 Ho C et Adcock A “Short-term psychodynamic psychotherapy for the treatment of mental illness: a review of clinical effectiveness and guidelines”, Canadian Agency for Drugs and Technologies in Health 2017 : 23 pages.
14 Stoffers-Winterling JM et coll “Psychological therapies for people with borderline personality disorder”, Cochrane Database Syst Rev 2012 ; 8: CD005652.
15 Inserm « Psychothérapie : trois approches évaluées », Les éditions Inserm 2004, Paris : 570 pages.
16 HAS et Anesm “Autisme et autres troubles envahissants du développement : intervention éducatives et thérapeutiques coordonnées chez l’enfant et l’adolescent », Recommandation de bonne pratique HAS 2012 : 471 pages.
17 Kächele H et Schachter J “On side effects, destructive processes, and negative outcomes in psychoanalytic therapies: why is it difficult for psychoanalysts to acknowledge and address treatment failures ?”, Contemorary Psychoanalysis 2014;50(1-2):233-258.
18 Shedler J “The efficacy of psychodynamic psychotherapy”, Am Psychol 2010;65(2):98-109.
19 Griego AW et coll “Suggestibility and false memories in relation to intellectual disability and autism spectrum disorder: a meta-analytic reviex”, J Intellect Disabil Res 2019; 63(12):1464-1474.
20 Otgaar H et coll. “What drive false memories in psychopathology ? A case for associative activation”, Clin Psychol Sci 2017;5(6):1048-1069.

Thérapies neurosensorielles

Le terme neurosensoriel définit ce qui concerne le système nerveux et les organes des sens. De nombreuses disciplines se sont mises à utiliser ce terme en l’associant à un autre mot, avec un objectif thérapeutique ou éducatif. Nous allons nous focaliser principalement sur la part thérapeutique avec des exemple comme la posturothérapie neurosensorielle, l’intégration neurosensorielle ou la stimulation neurosensorielle.

La stimulation neurosensorielle prétend stimuler les sens (vue, toucher, odorat, audition, sensorimoteur) pour leur donner leur pleine mesure par l’apport de vibrations. Cette pratique a notamment été développée par un ORL français, Alfred Tomatis, qui travaillait sur les troubles de l’audition et du langage et a développé sa propre méthode de stimulation neurosensorielle, reposant sur des séances de rééducation auditives à l’aide d’une « oreille électronique ». Il a été radié de l’Ordre des médecins en 1977, avant d’être condamné en 1993 pour exercice illégal de la médecine. D’un point de vue théorique, cette méthode a été très critiquée(1).Une méta-analyse de 1999 note un intérêt de cette technique en montrant des effets positifs sur le développement psychomoteur et cognitif, tout en soulignant les limites de ces résultats. Une méta-analyse(2) plus récente ne montre pas d’efficacité de cette méthode dans le traitement des troubles su spectre de l’autisme (TSA)(3). Elle ne montre pas non plus d’efficacité dans le traitement des troubles de déficit de l’attention et dans l’hyperactivité(4).

L’intégration neurosensorielle est un modèle créé par Anna Jean Ayres, ergothérapeute et psychologue, au cours des années 1970(5). L’intégration neurosensorielle consiste à travailler sur la perception des sens, sur le traitement de ces informations par le cerveau, puis sur la réaction à l’environnement. L’intégration neurosensorielle vise à traiter les enfants ayant des troubles du traitement des informations sensorielles, essentiellement dans des cas de handicap. Cette technique est abordée en orthophonie, ergothérapie, kinésithérapie. Son efficacité demeure discutée, les résultats étant variables et contradictoires (6). L’intégration sensorielle ne montre pas de preuve de son efficacité dans la prévention de déficiences intellectuelles, de développement ou d’apprentissage chez les patients handicapés (7). Elle a montré une efficacité dans la réalisation des objectifs de fonctionnement et de participation des enfants présentant des TSA(8), mais pas dans l’amélioration de leurs compétences sensorimotrices et langagières, ni dans la réduction des aides sociales nécessaires (9). Dans la prise en charge des troubles du comportement, elle reste proposée, mais sans preuve de son efficacité (10). Il est à noter que les ergothérapeutes cherchent à étudier et évaluer l’efficacité de cette technique(11).

La posturothérapie neurosensorielle est une pratique manuelle prétendant guérir des pathologies par des « neurostimulations manuelles » après avoir, par exemple, « localisé palpatoirement des zones de conflits émotionnels ». (12) La posturothérapie neurosensorielle est indiquée pour la prise en charge des douleurs chroniques, les troubles du sommeil, les troubles obsessionnels compulsifs, le syndrome algodysfonctionnel de l’appareil manducateur, l’anxiété, les migraines, les phobies, etc.
D’un point de vue théorique, cette technique est discutable car s’appuie sur une confusion des termes, un raisonnement imprécis et une technique manuelle (palpation sensorielle) prétendant s’adapter au « seuil de sensibilité des récepteurs sensoriels ou sensitifs pour modifier la boucle dysfonctionnelle ». Nous n’avons trouvé aucune preuve de l’efficacité de la posturothérapie neurosensorielle, ni recherche de preuve d’efficacité, dans aucune pathologie.

1 Pialoux P. “Sur la demande de prise en charge par la Sécurité sociale de la méthode Tomatis », Bull Acad Natle Med 1993 ; 177 (1) : 43-46.
2 Gilmor T. “The efficacy of the Tomatis method for children with learning and communication disorders : a meta-analysis”, International Journal of Listening 1999 ; 13 : 12-23.
3 Sinha Y et coll « Auditory integration training and other sound therapies for autism spectrum disorders (ASD) », Cochrane Database Syst Rev 2011 ; 12 : CD003681.
4 Baumgaertel A « Alternative and controversial treatments for attention-deficit/hyperactivity disorder », Pediatr Clin North Am 1999 ; 46 (5) : 977-992.
5 Barbier I. « L’intégration sensorielle : de la théorie à la prise en charge des troubles de l’oralité », Contraste 2014 ; 39 : 143-159.
6 Rainville S. et Gagnon M.-N. « Expérimentation de l’approche neurosensorielle en ergothérapie au CJM-IU » in « Pratiques innovantes auprès de jeunes en difficulté », Presses de l’Université de Montréal 2010 : 63-82. DOI : 10.4000/books.pum.6470.
7 Leong HM et coll. « Systematic review of sensory integration therapy for individuals with disabilities : Single case design studies”, Rev Dev Disabil 2015 ; 47 : 334-351.
8 Case-Smith J et coll. “A systematic review of sensory processing interventions for children with autism spectrum disorders”, Autism 2014 ; 19 (2) : 133-148.
9 Schaaf RC et coll. « Efficacy of occupational therapy using Ayres sensory integration® : a systematic review”, Am J Occup Ther 2018 ; 72 (1) : 1-10.
10 Zimmer M et coll. « Sensory integration therapies for children with developmental and behavioral disorders”, Pediatrics 2012 ; 129 (6) : 1186-1189.
11 May-Benson TA « Interrater reliability and discriminative validity of the structural elements of the Ayres sensory integration fidelity measure”, Am J Occup Ther 2014 ; 68 (5) : 506-513.
12 Connaissance et Evolution « Formations continues 2017-2018 » : 28 pages.

Plasma de Quinton

Le plasma marin de Quinton a été inventé par un biologiste français, René Quinton, au début du XXème siècle. Cette solution, qui existe sous une forme isotonique et sous une forme hypertonique, provient d’un prélèvement d’eau marine entre 10 et 30 mètres de profondeur dans des zones de mouvements tourbillonnaires et est purifiée par une microfiltration à froid. Cette invention a été inspirée à Quinton par son observation de la ressemblance entre le milieu extracellulaire, le plasma sanguin et l’eau de mer.(1)
La différence entre le plasma de Quinton et le sérum physiologique proviendrait de la présence de nombreux oligo-éléments et minéraux.
Aujourd’hui, le plasma de Quinton n’est pas considéré comme un médicament, mais comme un complément alimentaire, après avoir perdu son autorisation de mise sur le marché en 1975. Le plasma de Quinton originel n’est plus vendu que par une seule société, basée en Espagne, prétendant que le plasma de Quinton parvient à reconstituer la cellule endommagée. On peut acheter du plasma de Quinton en France par le biais de sites internet.
Le plasma de Quinton est proposé dans le traitement des allergies, de l’eczéma, du psoriasis, de troubles digestifs, du stress, des douleurs chroniques, des fatigues physiques ou mentales. Il est recommandé chez les sportifs pour améliorer l’endurance et la récupération.
Les travaux de Quinton sont critiqués, notamment en ce qui concerne l’absence de fondement scientifique de sa méthode thérapeutique. Aussi, selon d’autres auteurs, l’eau de mer qui serait une bonne source de santé se trouverait à une profondeur supérieure à 200 mètres (2)
La recherche bibliographique apporte peu de preuves de l’efficacité du plasma de Quinton. On retrouve une étude publiée par le laboratoire producteur du plasma de Quinton (3). Une revue de la littérature confirme l’intérêt de l’irrigation nasale à basse pression et grand volume, avec une efficacité accrue avec l’utilisation d’eau de mer non diluée, non spécifiquement avec du plasma de Quinton(4). Une étude de niveau de preuve faible montre une certaine efficacité de l’eau de mer dans le traitement de la sècheresse oculaire, sans différence avec le plasma de Quinton (5).
Il est à noter que l’absorption d’eau salée augmente le risque d’hypertension artérielle (6), et est déconseillée en cas de problème thyroïdien, rénal ou cardiaque.
Enfin, en cette période de réchauffement climatique entraînant une diminution de l’accès à l’eau potable (7), il est indispensable de se poser des questions quant aux conséquences sanitaires de la consommation d’eau salée, ainsi que sur les moyens et techniques à utiliser pour rendre l’eau marine potable (8).

(1) Quinton R. « L’eau de mer, milieu organique », Masson 1904, Paris : 530 pages
(2) Mohd Nani SZ et coll. “Potential health benefits of deep sea water: a review”, Evid Based Complement Alternat Med 2016, doi:10.1155/2016/6520475.
(3) Alberola J et Coll F “Marine therapy and its healing properties”, Curr Aging Sci 2013; 6(1):63-75.
(4) Bastier PL et coll “Nasal irrigation : from empiricism to evidences-based medicine. A review”, Eur Ann Otorhinolaryngol Head Neck Dis 2015;132(5):281-283.
(5) Diaz-Llopis M et coll « A randomized multicenter study comparing seawater washes and carmellose artificial tears eyedrops in the treatment of dry eye syndrome”, Clin Ophtalmol 2019;13:483-490.
(6) Talukder MR et coll. « Drinking water salinity and risk of hypertension : a systematic review and meta-analysis”, Arch Environ Occup Health 2017 ; 72(3) : 126-138.
(7) Allison EH et Basset HR « Climate change in the oceans : human impacts and responses”, Science 2015;350(6262):778-782.
(8) Gude VG « Desalination and sustainability – An appraisal and curret perspective”, Water Res 2016;89:87-106.

LE COLLECTIF FAKEMED RÉAGIT À L’ALERTE LANCÉE PAR LA DGCCRF SUR LES PSNC

Ce mardi 16 décembre, pendant qu’une dizaine de signataires de la tribune contre les FakeMed étaient jugés par la chambre disciplinaire de première instance d’Ile-de-France, la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) (1) ​publiait leur enquête de 2018 concernant les pratiques de soins non conventionnelles (2) .

DES PRATIQUES INQUIÉTANTES

Dans un titre plaçant le mot “médecine”, à juste titre entre guillemets quand on parle de ces pratiques, la DGCCRF mettait en valeur des éléments qui doivent nous alerter :

  • Deux tiers des praticiens en infraction pour défaut d’information, pratiques commerciales trompeuses, voire prises de risques
  • De nombreuses allégations thérapeutiques injustifiées
  • Une survalorisation de la qualification des praticiens
  • Des formations d’une durée très variables pouvant se limiter à 1 simple week-end (présentiel ou non)
  • Des professionnels formés chaque année par des organismes inconnus, comme par exemple la “faculté libre de naturopathie”, au nom volontairement trompeur
  • De nombreux défauts d’informations sur le prix des prestations et des produits

EXERCICE ILLÉGAL DE LA MÉDECINE ET AUTRES JOYEUSETÉS

Parmi les cas d’exercice illégal de la médecine et d’usurpation de titre, la DGCCRF affirme avoir transmis une quinzaine de plaintes au procureur de la République. Les deux tiers de ces plaintes concernaient des acupuncteurs.
Les sites internet de ces pseudothérapeutes ont été épinglés pour l’emploi d’allégations thérapeutiques trompeuses, la présences de clauses abusives et illicites ou des défauts de mentions légales. Ces sites internet sont facilement accessibles et constituent une porte d’entrée indéniable pour ces pratiques illusoires.

Certains patients fragiles du fait de maladies de Parkinson ou d’Alzheimer sont malheureusement les cibles de ces marchands d’espoir, qu’ils soient praticiens de santé ou non.

SILENCE HABITUEL DE L’ORDRE

Il est plus que temps que les pouvoirs publics prennent leurs dispositions par rapport au foisonnement de formations illusoires, de procédés trompeurs et de revendications illégitimes concernant le champ de la santé. Elles sont, entre autres, susceptibles de détourner des soins éprouvés.

À ce jour, le Conseil de l’Ordre des médecins reste silencieux et préfère s’associer à des plaintes visant les membres du Collectif FakeMed qui cherchent pourtant à mettre en lumière ces pratiques au mieux inutiles, souvent dangereuses pour les patients.

DES MESURES NÉCESSAIRES POUR LA SÉCURITÉ DES PATIENTS

Compte tenu du grand nombre d’allégations frauduleuses retrouvées et de la vulnérabilité intrinsèque des patients en recherche de solutions à leurs maux, le Collectif FakeMed réclame la mise en place rapide et pérenne d’une plateforme de signalement des pratiques trompeuses, afin de garantir une information loyale et la sécurité des consommateurs de pratiques non conventionnelles.

Collectif FakeMed
+33 7 67 52 67 87 collectif.fakemed@gmail.com
Pôle communication :
Laure Dasinieres, Pierre de Bremond d’Ars

(1) La DGGCCRF relève du ministère de l’économie, des finances, de l’action et des comptes publics. (2) DGCCRF, “”Médecines” douces ou alternatives : des insuffisances dans le respect de la réglementation”, 16 décembre 2019, consulté sur le site ​www.economie.gouv.fr

Conseil National de l’Ordre des médecins : le Collectif FakeMed revient sur le rapport de la Cour des Comptes

Ce lundi 9 décembre a été rendu public le rapport de la Cour des Comptes concernant le Conseil national de l’Ordre des médecins[1]. Ce rapport pointe de nombreux dysfonctionnements, dont l’exercice de la justice disciplinaire.

En raison des 64 plaintes ordinales courant à ce jour contre ses membres, le collectif Fakemed ne peut que confirmer le constat de la Cour.

La disparité de traitement des plaintes par les conseils départementaux est une illustration d’une justice ordinale qui s’affranchit parfois des règles qu’elle devrait avoir à cœur de respecter.

Conciliations parfois omises, « conciliateurs » oubliant pour certains leur devoir de neutralité, bienveillance évidente vis-à-vis des plaignants… les exemples de dysfonctionnements relevés par les signataires de la tribune du Figaro sont multiples, et ne sauraient être compensés par les quelques Conseils Départementaux qui ont fait preuve de la neutralité et de la rigueur due à leur mission.

Le fonctionnement de certaines chambres disciplinaires de première instance est également contraire à l’idée que se fait le collectif d’une bonne administration de la justice ordinale, avec encore dernièrement la présence d’assesseur homéopathe dont la neutralité peut être interrogée, et qui aurait dû se récuser.

Le collectif espère que les recommandations de la Cour des Comptes permettront une amélioration significative du fonctionnement des chambres disciplinaires, un grand nombre de ses membres devant encore comparaître devant celles-ci.

Cyril Vidal, en qualité de Président pour le Collectif FakeMed

Plaintes : où en sommes-nous aujourd’hui ?

La transmission des plaintes vers les chambres disciplinaires de première instance (CDPI) ont abouti à des décisions disparates (avertissement ou rejet de la plainte), et des appels sont en cours auprès de la Chambre disciplinaire nationale de l’Ordre.

La première décision définitive en l’absence d’appel des plaignants vient de tomber en Bourgogne, avec rejet de la plainte.

Ce ​17 décembre à partir de ​10h à la ​CDPI d’Ile-De-France (9 rue Borromée, 75015 Paris), une dizaine de membres du Collectif FakeMed est convoquée pour se défendre d’avoir signé une tribune dans un quotidien national. Ces séances sont publiques.

Ce sera pour les membres du collectif l’occasion de rappeler leur attachement indéfectible à une médecine humaniste fondée sur des données probantes.

Collectif.fakemed@gmail.com 07 67 52 67 87

[1]​ Cour des comptes « Entités et politiques publiques. L’Ordre des Médecins », Rapport public thématique, décembre 2019 : 187 pages.

LE COLLECTIF FAKEMED RENOUVELLE SON CONSEIL D’ADMINISTRATION

Depuis la tribune publiée en mars 2018, ​Le collectif FakeMed a beaucoup avancé et a montré son importance dans la mise en évidence de certains dysfonctionnements du système de santé, ainsi que dans l’information du grand public sur l’état des connaissances en matière de soins.

Samedi 16 novembre, lors de l’assemblée générale du collectif, une nouvelle équipe pluridisciplinaire a été élue pour prendre le relais. Elle recouvre divers champs professionnels, représentant au mieux ses adhérents et les réalités du secteur de la santé.

Le Journal Officiel daté du 26 novembre fixe la diminution du taux de remboursement des spécialités homéopathiques à 15 %, en attendant un déremboursement intégral qui marque une première victoire pour le collectif.

Le collectif FakeMed compte désormais s’orienter vers des actions de fond, tout aussi importantes, et s’inscrire en tant qu’interlocuteur primordial auprès des institutions, des médias et du grand public, pour toutes les questions ayant trait aux pratiques de soins non conventionnelles.

Auprès des institutions ​:

  • Nous souhaitons développer le dialogue avec les Ordres des professions de santé afin d’avancer sur le problème de l’exercice illégal de la médecine et de la pharmacie et de proposer la suppression la reconnaissance de diplômes dans des spécialités n’ayant jamais fait preuve de leur efficacité
  • Nous souhaitons échanger avec les structures ministérielles et interministérielles, ainsi que proposer notre expertise aux différents groupes parlementaires,
  • Nous souhaitons soutenir activement la MIVILUDES dans ses missions, en particulier les dérives sectaires en santé, malgré l’annonce de diminution de ses capacités à agir,
  • Nous souhaitons proposer la mise en place d’interventions auprès des différents organismes de formation en santé, et en particulier des universités.

    Auprès des médias ​:

  • Nous souhaitons proposer tables-rondes et formations auprès des journalistes

    spécialisés en santé, en établissant un partenariat pérenne avec les journalistes, scientifiques comme généralistes,

  • Nous souhaitons intervenir auprès des organismes de formation des journalistes afin de sensibiliser à la lecture critique d’articles, à la prudence vis-à-vis des découvertes incroyables, à l’importance d’une information précise et fiable en santé,
  • Nous continuerons à rester disponibles et répondre à l’ensemble des médias nationaux, régionaux et locaux.

    Auprès du grand public ​:

  • Nous souhaitons continuer à être présents sur les réseaux sociaux, pour réagir à

    l’actualité ou partager des informations

  • Nous souhaitons prolonger, par le biais de notre site internet fakemed.org, la mise à disposition d’informations sur différentes thérapeutiques ou prétendues telles, de données sur la perméabilité des universités aux fakemed, de synthèses communes sur des données acquises de la science.

    A côté de cela, nous allons continuer à suivre le déroulé des actions ​judiciaires et ordinales​ pour les 63 plaintes en cours.

    Mais nous ne pourrions rien faire de tout ça sans nos ​adhérents investis qui répondront aux médias, participeront aux tables rondes et formations, offriront leur expertise dans leur domaine de prédilection, avec tous un même souhait : mettre en valeur et partager les connaissances actuelles en santé, afin d’améliorer la santé de tous.

    Cyril Vidal Président du Collectif FakeMed

Collectif FakeMed
+33 7 67 52 67 87 collectif.fakemed@gmail.com
Pôle communication :
Laure Dasinieres, Pierre de Brémont d’Ars

Lettre ouverte du 29 juin 2019

La santé est notre bien le plus précieux et la France peut s’enorgueillir d’avoir un système de protection sociale ouvert à toutes et à tous. Cependant ce système aux ambitions universelles est fragile. Depuis vingt ans, et malgré plusieurs réformes qui se sont traduites par une diminution des prestations, il lui est de plus en plus difficile de faire face à des besoins qui sont eux, de plus en plus importants. Il lui est également difficile de faire face à des coûts qui augmentent considérablement, en raison des progrès scientifiques, et de la volonté d’offrir ces progrès à tous les habitants, sur tout le territoire.

Nous avons tous à coeur la défense de notre système de protection sociale qui nécessite des adaptations constantes de ne laisser personne de côté. Pour cela, il est indispensable d’évaluer en permanence la pertinence des thérapeutiques prises en charge, afin de ne pas dilapider les ressources dans des pratiques illusoires ou dangereuses.

Cette évaluation est complexe et exigeante car elle doit concilier les bénéfices, les risques et les besoins exprimés et attendus par la population. Les institutions scientifiques comme les Académies de Médecine et de Pharmacie et les autorités publiques indépendantes comme la Haute Autorité de Santé, peuvent, grâce à leur expérience et leur expertise, évaluer de façon indépendante les besoins et les pratiques, les techniques et les thérapeutiques, les risques et la pertinence des soins. Ces institutions et agences sont là pour conseiller le gouvernement sur les mesures les plus efficaces, au service de tous et au meilleur coût.

Le 28 juin 2019, à la demande de votre gouvernement, la Haute Autorité de Santé s’est prononcée, par un avis motivé et documenté, contre la poursuite du remboursement de l’homéopathie.

Cet avis est également partagé par les académies de Médecine et de Pharmacie en France, des sociétés savantes médicales comme le Conseil National des Généralistes Enseignants, le Conseil Scientifique des Académies des Sciences Européennes, ou encore les autorités de santé du Royaume-Uni, de l’Espagne, du Canada et de l’Australie.

Cet avis a été rendu après avoir pris connaissance des arguments scientifiques, mais également éthiques et sociaux, au cours d’une très large consultation nationale ouverte en toute transparence à tous les acteurs de la santé, et après avoir évalué les conséquences de cette décision sur la santé publique, c’est-à-dire la santé de chacun.

Face à cet avis largement documenté et partagé en faveur du déremboursement de l’homéopathie, se dressent des lobbys économiques et politiques, vous demandant de sacrifier l’intérêt de tous, au profit d’intérêts particuliers. Ces lobbys et autres groupes de pression, s’expriment dans les médias, en mettant en cause l’indépendance et la compétence de la Haute Autorité de Santé, font du chantage à l’emploi ou jouent sur les peurs à de seules fins électoralistes. Ils vous demandent d’ignorer l’avis de la Haute Autorité de Santé et exigent que vous continuiez à financer de façon irrationnelle leur rente de situation. A elle seule, la part de remboursement versées par l’assurance maladie au profit des produits homéopathiques représente un quart de son déficit et permet à trois laboratoire de prospérer.

Un telle décision de votre part, donnant raison à ces lobbys, si elle devait advenir, serait un revers majeur pour la crédibilité des institutions scientifiques de notre pays. Elle serait la preuve que le lobbying et la connivence peuvent avoir raison contre les intérêts de la population, contre la santé et contre les finances de la solidarité nationale. Ces pratiques d’une autre époque ne peuvent exister dans la France d’aujourd’hui.

Nous vous demandons, Monsieur le Président de la République, Madame la Ministre, de faire le choix de la défense de la santé publique et de notre système de protection sociale. La solidarité nationale n’est pas conçue pour alimenter les dérives médicales et le lobbying pharmaceutique sans aucune contrepartie bénéfique pour la santé publique.

Nous vous demandons, Monsieur le Président de la République, Madame la Ministre, de suivre l’avis de la Haute Autorité de Santé et des académies et de dérembourser l’homéopathie.

Le Collectif Fakemed

Après l’avis de la HAS préconisant le déremboursement de l’homéopathie, le collectif Fakemed attend une réponse du Ministère de la Santé

Aujourd’hui, au terme d’un processus d’évaluation qui aura duré plusieurs mois et sollicité à de nombreux experts toutes orientations confondues, ​la HAS a rendu son avis définitif​ sur l’efficacité de l’homéopathie et sa conclusion est sans appel : “​la Commission donne un avis défavorable au maintien de la prise en charge par l’assurance maladie des médicaments homéopathiques relevant ou ayant vocation à relever de la procédure d’enregistrement prévue à l’article L. 5121-13 du code de la santé publique.”

C’est une victoire pour la science : ​il est désormais établi le fait que les composés homéopathiques n’ont aucune efficacité démontrée, et ce dans aucune des indications pourtant nombreuses décrites.

Le Ministère des Solidarités et de la Santé par la voie de sa ministre Madame Agnès Buzyn, avait annoncé à plusieurs reprises et à l’attention de la totalité des français que la décision politique suivrait les conclusions de ce rapport de la HAS. Rapport qu’elle a elle-même demandé.

Le but était non seulement clair mais aussi éthiqu​e : répondre à un principe fort de l’assurance maladie, en ne remboursant que les médicaments utiles et efficaces, et logiquement en cessant de rembourser ceux devenus obsolètes ou n’ayant pas fait la preuve de leur efficacité.

Or hier, Madame Buzyn esquive le sujet alors que sa décision était attendue pour le vendredi 28 juin : “​Mon urgence est de gérer la canicule et son impact, je pense que la décision peut attendre encore quelques jours”​ a t-elle déclaré sur France 2.

Face à ce retard,​ nous souhaitons prendre la parole afin d’encourager la ministre dans la voie d’une décision claire et rapide allant dans le sens de l’avis de l’HAS​ ainsi que des prises de positions des communautés scientifiques internationales qui lui ont précédé et faire quelques rappels.

Les produits homéopathiques bénéficient toujours d’un statut d’exception qui leur permet d’être commercialisés et remboursés à hauteur de 30% par l’Assurance maladie.​ Ceci représente au bas mot 178 millions d’euros de dépenses strictement inutiles à la santé publique de notre pays.

Lors de leurs prises de parole au cours de l’évaluation par la HAS, les représentants du lobby homéopathique, loin de contester l’inefficacité de leurs produits, ont avancé des arguments étonnants : pour eux, ces dépenses ne représenteraient qu’une infime part des dépenses de la sécurité sociale et qu’elles se justifiaient par les emplois qu’elle maintenait en France.

La stratégie des laboratoires homéopathiques a donc été d’utiliser le secteur économique et d’opérer un chantage à l’emploi pour influer sur une décision strictement scientifique.

Puisque le terrain de l’économie semble plus parlant que celui des données de la Science, ​nous souhaitons rappeler que le marché des médicaments homéopathiques représente environ 620 millions d’euros en France, et 178 millions d’euros de remboursement par la solidarité nationale​, ce qui est loin d’être une broutille comme le suggèrent ses partisans .

Il convient, dès lors de mettre ces chiffres en perspective :

  •  130 millions d’euros,​ c’est le coût d’embauche de 6000 infirmières à temps plein dans le secteur public pour s’occuper des personnes malades, dépendantes ou ayant besoin de soins;
  •  130 millions d’euros​, c’est le coût d’embauche 8250 aides-soignantes à temps plein dans le secteur public pour s’occuper de l’hygiène, du confort et pour aider des milliers de personnes dans les tâches de la vie quotidienne ;
  • 130 millions d’euros,​ c’est le moyen de réduire d’un tiers le déficit des hôpitaux en France ;
  •  70 millions d’euros,​ c’est la somme qu’a débloquée ponctuellement le gouvernement et la ministre de la Santé pour répondre à la crise des Urgences, victimes d’un sous-effectif chronique, de conditions de travail dégradées, et d’une activité qui ne cesse d’augmenter ;
  •  162 millions d’euros​, c’est le montant du plan exceptionnel qui est censé remettre nos EHPAD à flot, ces maisons de retraites médicalisées pour personnes âgées dépendantes, ces mêmes établissements dont les personnels dénoncent le manque de moyens et de personnel ;
  • 190 millions d’euros​, c’est le coût de la formation continue des professionnels de santé ;
  • 130 millions d’euros​, c’est les coûts cumulés de la prévention des infections sexuellement transmissible, de la contraception, de la santé sexuelle, des addictions, de la nutrition et des campagnes de vaccination ;

Dès lors,

  • ➢  Continuer de rembourser l’homéopathie​, c’est faire le choix délibéré de sacrifier ces emplois hospitaliers et ce secteur qui en manque cruellement. C’est sacrifier la santé de la population au profit d’entreprises dont les produits sont décrits comme « inefficaces » et au « service médical rendu insuffisant ».
  • ➢  Continuer de rembourser l’homéopathie​, c’est refuser le principe fondateur de l’Assurance Maladie, basé sur le service médical rendu et l’efficacité des produits et donc la preuve scientifique. C’est aussi rompre le contrat de solidarité sur laquelle repose notre système de santé.
  • ➢  Continuer de rembourser l’homéopathie,​ c’est décrédibiliser les sociétés savantes, les Académies de médecine et de pharmacie ainsi que la Haute autorité de santé chargée de l’évaluation des médicaments en France.
  • ➢  Continuer de rembourser l’homéopathie,​ c’est mépriser le service public hospitalier indispensable et nécessaire, en lui préférant des intérêts économiques privés coûteux et inutiles.
  • ➢  Continuer de rembourser l’homéopathie​, c’est assurer la fortune d’un petit nombre aux dépens de nos concitoyens les plus âgés, les plus dépendants, et les plus fragiles.
  • ➢  Continuer de rembourser l’homéopathie​, c’est donner une importance à ceux qui défient les scientifiques et les chercheurs par des principes aberrants, des études trompeuses, et un discours fallacieux.
  • ➢  Continuer de rembourser l’homéopathie, ​c’est tout simplement, continuer de mentir aux français.

    Par la présente nous demandons :

  • ●  Que l’avis de la HAS soit respecté à la lettre par le ministère qui a sollicité son expertise et qu’il mette en place les mesures préconisées dans celui-ci sans délai afin que l’homéopathie soit enfin déremboursée.
  • ●  Que les produits homéopathiques, puisqu’ils ne sauraient être évalués comme des médicaments, ne soient plus considérés comme tels.
  • ●  Qu’une loi soit mise en place afin que les décisions de santé publique ne soient dictées que par le fait scientifique et non par des intérêts privés et des manœuvres de lobbying grossières

Pour le Collectif FakeMed, son Président, Dr Jérémy Descoux

Communiqué de presse – Réponse au questionnaire de la H.A.S.

En réponse au questionnaire en ligne proposé par la Haute Autorité de Santé pour recueillir les différents avis dans le cadre de la mission qui lui a été confiée afin de réévaluer la place des produits homéopathies, le collectif FakeMed a rédigé un texte répondant aux trois interrogations principales :

  • Dans quels types d’affections ou symptômes les médicaments homéopathiques peuvent-ils être utilisés ?
  • Pour ces types de symptômes, quels sont les avantages et inconvénients cliniques de l’homéopathie, en particulier par rapport aux alternatives thérapeutiques ?
  • Selon vous, quel est l’impact de l’homéopathie sur l’organisation des soins ?

Vous pouvez lire cette contribution ci-dessous, ou télécharger une version PDF ici. 

1. Selon vous pour quels types d’affections ou symptômes les médicaments homéopathiques peuvent-ils être utilisés ?


L’inefficacité thérapeutique de l’homéopathie est parfaitement établie, les études EPI3 conduites en France n’apportent aucune preuve d’efficacité de cette pratique.

L’inefficacité thérapeutique de l’homéopathie est parfaitement établie sur le plan scientifique.

À ce jour, aucune étude clinique rigoureuse, c’est-à-dire prospective, interventionnelle, randomisée, conduite en aveugle et répliquée de façon indépendante, n’a permis d’établir une efficacité thérapeutique de l’homéopathie au-delà d’un simple effet placebo (c’est-à-dire d’un produit dénué d’activité pharmacologique). Toutes les revues systématiques visant à évaluer l’efficacité des remèdes homéopathiques ont conclu à une absence d’efficacité clinique. Nous référons à la revue systématique récente conduite par le National Health and Medical Research Council (NHMRC) en Australie, qui est à ce jour la revue la plus exhaustive et la plus rigoureuse sur ce sujet. En conséquence, ces essais et revues permettent de conclure que si une quelconque efficacité de l’homéopathie existe, ce qui est très improbable, celle-ci n’a aucune pertinence clinique. Les séries d’anecdotes sur une quelconque efficacité de la pratique homéopathique (en médecine humaine, en médecine vétérinaire, voire en horticulture ou en agriculture) ne peuvent être ni vérifiées, ni répliquées et n’ont jamais été corroborées par des études cliniques correctement conduites : elles ne sauraient se substituer à une évaluation rigoureuse de cette pratique. La réplication indépendante des études cliniques est un outil scientifique qui permet de mettre en évidence l’efficacité clinique des médicaments de façon (quasi) irréfutable. Ce critère n’a jamais pu être obtenu avec les études cliniques conduites dans le domaine de l’homéopathie.

L’absence de mécanisme rationnel permettant d’expliquer l’action de l’homéopathie est souvent mise en avant par les homéopathes comme un étant argument insuffisant pour nier l’efficacité de l’homéopathie. Au-delà des mécanismes d’action hypothétiques, il existe maintenant une quantité de preuves scientifiques et cliniques rigoureuses, concordantes, répliquées de façon indépendante qui démontrent sans équivoque l’inefficacité thérapeutique de l’homéopathie.

Les arguments actuels mis en avant par les adeptes de l’homéopathie sont essentiellement basés sur des théories ancestrales non vérifiées scientifiquement, et des anecdotes ou rumeurs non publiées dans des journaux médicaux et donc ni vérifiables ni réfutables, voire touchant des domaines divers qui n’ont que peu d’intérêt pour la pratique clinique, telles la médecine vétérinaire ou l’agronomie. L’absence totale de principe actif est incompatible avec une activité pharmacologique des granules homéopathiques, ce d’autant que les produits théoriquement contenus dans certains granules frôlent l’absurdité en défiant les connaissances scientifiques de base (pour n’en citer que certains : mur de Berlin, trous noirs ou rayons X). La France est hélas un pays très actif dans la conduite d’études visant à expliquer l’action physiologique de l’homéopathie (Davenas, 1988). Il faut aussi noter que les 2 principes fondateurs de l’homéopathie ont été dévoyés remettant en question la validité de ces principes de base :
  • le principe d’individualisation est enfreint par l’existence des spécialités comme Oscillococcinum (un des produits phares des laboratoires Boiron) ou Sédatif PC qui revendiquent une indication et sont destinés à tous les patients en dehors de toute consultation ou individualisation du traitement ;
  • le principe de similitude n’est pas respecté pour des préparations comme Arnica Montana qui est utilisée pour les mêmes indications (douleurs légères) que ce soit en phytothérapie et en homéopathie.

La théorie qui sous-tend l’homéopathie, vaguement inspirée de la mithridatisation, est médicalement incohérente et peu conforme avec ses principes fondateurs. Les techniques et arguments utilisés par les adeptes des thérapies alternatives pour convaincre leurs adeptes du bien-fondé scientifique et médical de leurs approches ont été étudiés de façon extensive et dénoncés par E. Ernst au Royaume-Uni (Ernst, 2018).

En France, l’Académie des Sciences a repris à son compte les conclusions du Conseil Scientifique des Académies des Sciences Européennes confirmant l’absence de preuve solide et reproductible de l’efficacité des produits homéopathiques. Cet avis a également été adopté par l’Académie de Pharmacie. La revue indépendante Prescrirea confirmé cette absence d’efficacité établie dans un communiqué publié en octobre 2018 intitulé L’évaluation de l’homéopathie en 30 ans de revue Prescrire (Site de la revue Prescrire, Octobre 2018). Le communiqué constate qu’à ce jour « les données d’évaluation disponibles n’ont pas permis de prouver que les médicaments homéopathiques ont une efficacité thérapeutique spécifique ». Cette position a été reprise par le Collège National des Généralistes Enseignants le 7 janvier 2019.

En 2018, le ministre espagnol de la santé et des sciences a adopté un plan de lutte contre les pseudo-sciences et les pseudo-thérapies. Suite à l’adoption de ce plan, les ordres professionnels des médecins en Espagne et au Portugal ont signé une déclaration commune, la Déclaration de Madrid, dans laquelle ils affirment que « la profession médicale européenne doit répondre avec force » aux pseudosciences dans le domaine de la santé. Les ordres affirment que sans le soutien scientifique nécessaire pour garantir la validité ou l’utilité de ces pratiques, comparaître devant la société sous une fausse apparence scientifique et dans un but prétendu pour la santé est non seulement trompeur mais aussi potentiellement dangereux pour la santé publique, comme l’ont montré des évènements récents survenus en Espagne. Les ordres estiment donc que toutes ces pratiques doivent être expressément interdites et exclues de tout circuit de santé et considérés, à toutes fins utiles, comme des pratiques menaçant la santé publique et la sécurité des patients. Les représentants du Conseil général des facultés de médecine espagnoles et de l’Ordem dos médicosdu Portugal vont plus loin et prônent qu’il faut « dénoncer les activités de cet univers para-scientifique ». Ce travail concerne, selon l’accord, les écoles de médecine, mais aussi les « administrations publiques, les médias, les sociétés scientifiques, les associations de patients et les représentants politiques ». Il faut souligner que le document ne mentionne aucune pseudo-thérapie spécifiquement, cependant cette adoption fait suite au récent décès d’un patient espagnol qui avait abandonné son traitement anti-cancéreux au profit d’un traitement à base d’homéopathie.

Bien que les remèdes homéopathiques rentrent dans le cadre législatif du médicament dans l’Union Européenne (dans le champ de la Directive 2001/83/EC), les autorisations de mise sur le marché qui leur sont octroyées le sont sur des critères uniquement pharmaceutiques, en l’absence de données cliniques, contrairement aux autres médicaments. Les produits homéopathiques ne peuvent pas revendiquer d’indications thérapeutiques (voir Directive 2001/83/EC). Les indications octroyées à certains produits homéopathiques par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) le sont sur la base d’une utilisation « traditionnelle » en l’absence de toute preuve d’efficacité thérapeutique (Oscillococcinum, Base de données publique des médicaments, 2016). Le fait que l’homéopathie ne soit prescrite qu’en prévention ou pour soigner des troubles légers, souvent spontanément évolutifs démontre bien ses limites liées au seul effet placebo.
L’analyse de ces revues systématiques montrant une absence totale d’efficacité a amené de nombreux systèmes de santé du monde à dé-rembourser ou à bannir l’homéopathie des soins offerts aux patients. C’est en particulier le cas du NHS au Royaume-Uni, de l’Australie et de l’Espagne. Cette absence d’efficacité établie a conduit certaines agences réglementaires à en informer les patients. Les États-Unis ont mis en place une nouvelle réglementation des produits homéopathiques visant à mieux contrôler ces produits et mieux informer les consommateurs sur leur absence d’efficacité et leur dangerosité potentielle (US Food and Drug Administration, 2018). Health Canada rappelle que ces produits sont utilisés en l’absence de preuve scientifique d’efficacité et a donc décidé d’arrêter l’octroi d’autorisations de certains produits homéopathiques en l’absence de preuves scientifiques d’efficacité (Health Canada, 2017).

Les études EPI3 conduites en France n’apportent aucune preuve d’efficacité de la pratique homéopathique.

Les études EPI3, souvent mises en avant par les adeptes de l’homéopathie et qui ont été conduites en France, ne permettent en aucun cas de conclure à une efficacité des produits homéopathiques. Il s’agit en effet d’une série de 9 études observationnelles (études de pharmaco-épidémiologie) visant à étudier le profil de prescription de traitements dits « complémentaires » incluant l’homéopathie. Elles ont été financées en intégralité par les laboratoires Boiron, bien que les auteurs de ces études aient déclaré les avoir conçu, conduit et publié indépendamment de ce laboratoire.

A. L’objectif primaire de ces études n’est pas de démontrer l’efficacité de l’homéopathie dans des indications clairement définies.

L’objectif primaire d’une première série d’études conduite de façon prospective était de comparer les pratiques de prescription de médecins utilisant uniquement des médicaments conventionnels à d’autres ayant recours à des thérapies « complémentaires » (incluant l’homéopathie), et ce dans les indications suivantes :
 chez des patients présentant des épisodes anxieux et dépressifs, concernant la prescription de psychotropes (Grimaldi-Bensouda L, 2016),
– chez des patients présentant des troubles du sommeil, concernant la prescription de psychotropes (Grimaldi-Bensouda L, 2015),
– chez des patients présentant des infections des voies respiratoires supérieures, concernant la prescription d’antibiotiques, d’anti-inflammatoires et d’antipyrétiques (Grimaldi-Bensouda L, 2014),
– chez des patients présentant des troubles musculo-squelettiques, concernant la prescription d’AINS (Rossignol M, 2012). Il faut noter que cette étude a aussi comparé l’évolution de la pathologie des patients sur une période de 12 mois.
La deuxième série d’études a comparé le profil sociodémographique de patients ayant recours aux pratiques « complémentaires » par rapport aux patients qui consultent des médecins conventionnels. La première étude n’incluait pas de pathologie spécifique (Lert F, 2014). La seconde étude a procédé à cette comparaison chez des patients présentant des troubles anxieux, dépressifs ou des troubles du sommeil (Grimaldi-Bensouda L, 2012). La dernière étude faisait la même comparaison chez des patients souffrant de troubles musculo-squelettiques.
Enfin, les deux dernières études n’ont qu’un lien très indirect avec la pratique homéopathique. Une étude descriptive a étudié le retentissement d’une centaine de pathologies sur la qualité de vie de patients vus en ambulatoire (Grimaldi-Bensouda L, 2011). Une seconde étude a comparé le profil de prescription d’analgésiques et d’anti-inflammatoires chez des patients souffrant de douleurs dorsales (Rossignol M, 2011).
Dans leur ensemble, ces études ont mis en évidence des différences sociodémographiques entre les patients qui consultent des praticiens prescrivant de l’homéopathie et ceux ne prescrivant que des traitements conventionnels. Ces études ont également montré que les médecins qui déclarent prescrire de l’homéopathie prescrivent moins de médicaments conventionnels (antibiotiques, AINS, psychotropes ou antidépresseurs) que les praticiens ne prescrivant que des traitements conventionnels. En utilisant des échelles de qualité de vie, certaines études ont suggéré que les différences de prescription n’entraînaient aucune perte cliniquement significative de la qualité de vie des patients.
L’une de ces études reconnaît que « les troubles musculo-squelettiques sont une indication commune de traitement homéopathique mais leur efficacité au-delà de l’effet placebo reste à démontrer » (Rossignol M, 2012). Aucune de ces études ne conclut à une efficacité thérapeutique de l’homéopathie (et aucune de ces études n’a été conçue pour permettre une telle conclusion).

B. Au-delà des insuffisances méthodologiques profondes de ces études (discutées plus bas), les études EPI3 contiennent des faiblesses spécifiques.

Certaines de ces études souffrent d’insuffisances méthodologiques majeures spécifiques. Pour ne citer que quelques exemples :
– les critères de recrutement des patients et les diagnostics cliniques ne sont pas précisément décrits et codifiés ;
– il existe des différences préexistantes importantes entre les groupes.
Du fait de l’absence de randomisation, les groupes de patients des études EPI3 présentent des différences importantes qui ne les rendent donc pas comparables (Cochrane training, 2018a). Les patients ayant recours à l’homéopathie étaient en général des femmes, non fumeuses, présentant un indice de masse corporelle (IMC) plus faible et un niveau d’éducation plus élevé que les patients ayant recours à la médecine conventionnelle (Grimaldi-Bensouda L, 2016, 6). Ces différences sociodémographiques semblent liées au niveau de sévérité des maladies en début d’étude qui ne sont pas équivalents (Grimaldi-Bensouda L, 2016, Grimaldi-Bensouda L, 2015, Grimaldi-Bensouda L, 2014, Rossignol M, 2012). Dans 2 études, les patients traités par des médicaments conventionnels présentaient en moyenne une pathologie plus grave par rapport aux patients qui avaient choisi l’homéopathie (Grimaldi-Bensouda L, 2016, Grimaldi-Bensouda L ; 2014). Ce biais favorise l’homéopathie en termes de pronostic et de consommation de soins.

a) Ces études n’utilisent peu ou pas les critères d’évaluation d’efficacité spécifiquement recommandés pour évaluer les médicaments utilisés dans les pathologies étudiées.

Une étude ne contient aucun critère clinique d’évaluation (Grimaldi-Bensouda L, 2014). Quand il a été évalué, l’impact des différentes approches thérapeutiques a été mesuré en utilisant des échelles de qualité de vie (échelle générique short form 12 questionnaire SF-12 (Rossignol M, 2012) ou des échelles spécifiques (Grimaldi-Bensouda L, 2016, Grimaldi-Bensouda L, 2015). Ces études auraient également dû inclure des critères d’évaluation cliniques primaires spécifiques officiellement recommandés par les agences réglementaires :
       pour l’insomnie : Guideline on medicinal products for the treatment of insomnia. EMA/CHMP/16274/2009 previously (EMEA/16274/2009) Rev. 1 http://www.ema.europa.eu/docs/en_GB/document_library/Scientific_guideline/2011/02/WC500102351.pdf,
       concernant les infections bactériennes : Guideline on the evaluation of medicinal products indicated for treatment of bacterial infections. CPMP/EWP/558/95 rev 2. http://www.ema.europa.eu/docs/en_GB/document_library/Scientific_guideline/2009/09/WC500003417.pdf,
       et concernant la dépression : Guideline on clinical investigation of medicinal products in the treatment of depression. EMA/CHMP/185423/2010 Rev. 2 previously (CPMP/EWP/518/97, Rev. 1) http://www.ema.europa.eu/docs/en_GB/document_library/Scientific_guideline/2013/05/WC500143770.pdf).
b) Les taux de participation sont parfois très faibles et s’effondrent au fil de la conduite des études.
Le taux de participation dans une étude a été de 45 %, ce qui est une limitation majeure reconnue de cette étude (Grimaldi-Bensouda L, 2016). Le taux de réponse à 12 mois a été inférieur à 50 % dans deux autres études (Grimaldi-Bensouda L, 2015, Rossignol M, 2012), ce qui en limite fortement leur validité et leur interprétation (Grimaldi-Bensouda L, 2015).

C.  Les résultats présentés comme significatifs sont à interpréter avec la plus grande prudence : selon la théorie statistique, certains sont vraisemblablement observés par le pur fruit du hasard.

Les protocoles de ces études n’ayant pas été décrits, enregistrés et publiés de façon systématique avant la conduite des études (publication a priori), les auteurs n’ont pas déclaré les analyses et le nombre de tests qui ont été effectués en réalité, et n’ont pas procédé aux corrections statistiques nécessaires qui auraient dû être effectuées en raison de comparaisons multiples. Ce biais a pour effet d’augmenter le risque d’erreur de type 1, qui consiste à conclure à l’efficacité d’un traitement alors qu’il ne l’est pas en réalité. Ceci est d’autant plus important que les tests statistiques portant sur l’évolution de l’anxiété et la dépression observé dans une étude (Grimaldi-Bensouda L, 2016), ou sur la survenue de blessures dans une autre (Grimaldi-Bensouda L, 2015), atteignent marginalement le seuil de significativité statistique de 5 % (Grimaldi-Bensouda L, 2016). Il est donc probable que certaines différences qui ont été observées soient le fruit d’un pur hasard.
Enfin, il est parfaitement établi que l’absence de différence statistique observée ne signifie pas que cette différence n’existe pas en réalité (Altman D, 1995). Ainsi on ne peut pas exclure que les patients qui se sont vus prescrire de l’homéopathie aient en réalité vu le cours de leur maladie se détériorer par rapport aux patients qui prennent des traitements conventionnels. Certaines études ont par ailleurs montré que les patients traités par homéopathie avaient plus de complications que les patients qui prenaient des traitements conventionnels. (2 fois plus d’infections respiratoires) (Grimaldi-Bensouda L, 2014). Les auteurs eux-mêmes restent souvent très prudents quant à l’interprétation des résultats qui pourraient être attribués à d’autres facteurs, en particulier la régression vers la moyenne (Grimaldi-Bensouda L, 2016).
Ce phénomène connu sous le nom de « p-hacking » est lié à la conduite d’analyses répétées et non planifiées. Des statisticiens de l’association américaine de statistiques (ASA) ont dénoncé le fait que beaucoup de résultats statistiquement significatifs sont en réalité des associations factices liés à l’inflation de l’erreur de type 1 évoquée plus haut (Ioannidis JPA in PLoS Med), particulièrement quand la valeur du test est proche de 5% et dans les études observationnelles (or les études EPI3 s’intègrent exactement dans ces 2 cas de figure). Ces chercheurs ont donc proposé un abaissement du seuil de significativité statistique de 5% à 0.5% pour limiter l’identification des associations faussement positives (Ioannidis JPA, 2018). Dans cette configuration, aucun des résultats observés dans EPI3 n’aurait été considéré comme statistiquement significatif.

D. Les études EPI3 sont caractéristiques des insuffisances profondes de l’évaluation de l’homéopathie en France.

Les études EPI3 sont des études observationnelles (pharmaco-épidémiologiques), sujettes à la présence de biais systématiques qui ne permettent en aucun cas d’évaluer l’efficacité des traitements homéopathiques (Piantadosi S, 2017). Les exigences méthodologiques requises pour évaluer les médecines complémentaires de façon scientifiquement rigoureuse ont été parfaitement décrites dans la littérature scientifique, or les études EPI3 ne remplissent qu’une partie de ces critères (Piantadosi S, 2017). Contrairement aux études interventionnelles (essais cliniques), ces études observationnelles n’ont pas utilisé les 2 méthodes qui permettent de minimiser les biais systématiques, à savoir la randomisation (allocation aléatoire des traitements afin de minimiser tout risque de biais de sélection et de minimiser la survenue de différences importantes entre les groupes) et l’aveugle (qui permet à l’investigateur de l’étude d’évaluer l’état de santé de son patient sans savoir s’il a reçu de l’homéopathie ou un placebo). Aucune des études EPI3 ne remplit les conditions définies par Cochrane pour minimiser les risques de biais (Cochrane training, 2018b).
Certains méthodologistes ont argumenté qu’il est impossible de montrer qu’un médicament est inefficace dans le cadre d’un essai clinique. Cet argument purement théorique n’a que peu de valeur en pratique. Le développement de médicaments est très fréquemment interrompu lorsqu’on n’arrive pas à en démontrer l’efficacité (il s’agit de médicaments dont l’efficacité, si elle existe, n’est pas cliniquement pertinente ou ne dépasse pas celle d’un effet placebo). Les éléments et l’approche qui permettent d’aboutir à cette conclusion sont très bien codifiés et sont décrits, en particulier dans une revue publiée en 2016 dans The New England Journal of Medicine (Pocock SJ, 2016). De la même façon qu’il serait parfaitement possible d’établir scientifiquement l’efficacité de l’homéopathie dans le cadre d’essais cliniques rigoureusement conduits (si cette efficacité existait), il est tout à fait possible de conclure à son inefficacité si des essais répétés méthodologiquement rigoureux s’avèrent être négatifs.
Des résultats récents montrent que les essais cliniques homéopathiques, y compris ceux conduits par les laboratoires pharmaceutiques homéopathiques Boiron, font l’objet d’un biais de publication majeur. Les laboratoires ont enregistré 9 essais cliniques dans EUdraCT (la base de données d’enregistrement des essais cliniques de l’Union Européenne), mais aucun résultat n’a été publié à ce jour (http://eu.trialstracker.net/). Cette absence de publication systématique d’essais cliniques contribue à un biais de publication (seuls les études positives sont publiées), qui ne peut que surévaluer l’efficacité réelle de l’homéopathie dans les revues systématiques (Cochrane training, 2018c).
Des résultats similaires peuvent être observés dans la base de données de la FDA (clinicaltrials.gov) : seuls les résultats de 10 études conduites par différents promoteurs (commerciaux ou pas) ont été publiés, sur les 104 études enregistrées dans cette base de données, soit moins de 10% (Recherche effectuée sur clinicaltrials.gov le 24 Septembre 2018, critère de recherche « homeopathy »).

La série d’études EPI3 ne fournit aucune preuve d’efficacité de l’homéopathie. Les auteurs se gardent d’ailleurs de tirer cette conclusion dans les publications de ces études. A ce jour, aucune étude ou série d’études enregistrées a priori, interventionnelles, randomisées, comparatives et aveugles n’a pu montrer une efficacité de l’homéopathie au-delà d’un effet placebo. Les rarissimes études ayant suggéré la présence d’une efficacité n’ont pas pu être répliquées de façon indépendante. Ces conclusions confirment, contrairement à ce qu’affirment les adeptes de l’homéopathie (Syndicat National des Médecins Homéopathes Français, 2018), la nécessité de conduire des études interventionnelles (« essais cliniques ») rigoureuses pour évaluer l’efficacité de l’homéopathie et de répliquer certaines de ces études afin d’obtenir la certitude que les résultats d’efficacité ne sont pas observés par hasard.

Les études EPI3 ne démontrent en aucun cas un effet bénéfique de la pratique homéopathique sur la iatrogénie médicamenteuse en France.


Les résultats des études EPI3 sont souvent utilisés pour avancer l’argument selon lequel les adeptes de l’homéopathie prescriraient moins de traitements conventionnels, et contribueraient ainsi à diminuer la iatrogénie médicamenteuse en France. Les études EPI3 pourraient suggérer (avec de nombreuses réserves) que les médecins homéopathes, de par leur pratique, prescriraient de façon moins systématique certains médicaments connus pour induire une iatrogénie importante (AINS, psychotropes, antibiotiques). Malheureusement, les études ne cherchent pas à expliquer si ces différences résultent réellement d’une différence de pratique médicale. Cela pourrait simplement refléter les différences sociodémographiques et les demandes des patients adeptes de l’homéopathie. Ces études ne démontrent en aucun cas une quelconque efficacité thérapeutique de l’homéopathie sur l’évolution de ces pathologies.
Les patients inclus dans ces essais n’ont pas été suivis ni questionnés sur les autres traitements conventionnels prescrits au cours de leur pathologie (par d’autres médecins). Ainsi, il est impossible de savoir chez ces patients, si la pathologie a évolué spontanément favorablement (auquel cas la prescription homéopathique était inutile) ou bien s’ils ont nécessité l’administration de médicaments conventionnels dans un second temps. Seule une étude sur une base de données de remboursement (comme la base de l’Assurance Maladie en France) permettrait d’apporter ce type d’information. En l’absence d’un tel suivi systématique des patients dans les études EPI3, de telles conclusions ne peuvent pas être acceptées.
L’idée entretenue par les homéopathes selon laquelle leur pratique contribuerait à diminuer la iatrogénie médicamenteuse est contredite par les résultats des études sur la iatrogénie médicamenteuse en France. En effet, la France est l’un des pays européens dans lequel la iatrogénie médicamenteuse est la plus importante (Bégaud, 2013). Cette iatrogénie est entretenue par une surconsommation médicamenteuse française largement signalée dans les médias et combattue par les instances de santé publiques (Collectif Bon Usage des Médicaments, 2018 ; 20 minutes, 2018). Ces faits contredisent l’argument mis en avant par les homéopathes : si l’on accepte le fait qu’une majorité des français (77%) auraient recours à la pratique homéopathique (IPSOS, 2018b), ils devraient en théorie être moins consommateurs de médicaments conventionnels et donc moins exposés aux effets indésirables de ces médicaments. Au contraire, cette surconsommation médicamenteuse, et donc la iatrogénie dont elle est responsable, pourraient être indirectement entretenues par la pratique homéopathique, dans la mesure où elle tend à surmédicaliser les patients atteints d’affections bénignes, ne nécessitant souvent aucun traitement.
Les avantages hypothétiques mis en avant par les homéopathes dans les études EPI3 en termes de diminution de la iatrogénie médicamenteuse évitable sont donc à interpréter avec une précaution extrême. A contrario, d’autres études de plus grande ampleur, conduites au Royaume-Uni indépendamment des laboratoires qui commercialisent ces produits et couvrant un éventail de pathologies beaucoup plus étendu, ont établi que certains médecins qui prescrivaient de l’homéopathie adoptaient de mauvaises pratiques de prescription (Walker, 2018).

L’évaluation indigente de l’homéopathie en France bénéficie aux laboratoires qui commercialisent ces produits et entretient un doute sur l’efficacité pourtant inexistante de ces produits.


Force est de constater que la pratique homéopathique a été mal évaluée en France contrairement à beaucoup d’autres pays (dont les pays anglo-saxons). Comme l’illustrent les études EPI3, cette évaluation a essentiellement été conduite par les laboratoires qui commercialisent des produits homéopathiques. En conséquence, l’absence d’efficacité, ainsi que les conséquences sur la santé publique des dérives qui sont associées à la pratique homéopathique (décrites plus tard dans notre analyse : défiance vis-à-vis des vaccins, retard aux soins) sont mal cernées. Ce manque cruel d’évaluation a essentiellement profité aux laboratoires qui commercialisent ces produits et aux praticiens qui les utilisent, entretenant ainsi le doute sur une efficacité qui en réalité n’existe pas, au détriment d’une meilleure prise en charge des patients. Certains auteurs argumentent qu’il est dans l’intérêt des thérapeutiques alternatives de maintenir le doute sur leur efficacité et leur sécurité afin de ne pas contredire les hypothèses et croyances sur leur mécanisme d’action et donc leur efficacité (Piantadosi, 2017).

Les principes déontologiques médicaux interdisent aux professionnels de santé (et aux médecins en particulier) de prescrire des traitements dont l’efficacité n’a pas été établie.


L’article 39 du code de déontologie médicale stipule que « les médecins ne peuvent proposer aux malades ou à leur entourage comme salutaire ou sans danger un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé. Toute pratique de charlatanisme est interdite ».
En tant que professionnel de santé, il nous apparaît impossible de promouvoir ou de prescrire la pratique homéopathique. Celle-ci repose sur des principes illusoires (voire imaginaires) et ne propose aucune preuve scientifique de son efficacité, tout en induisant un retard potentiel de soin. 
L’homéopathie ne doit donc pas être utilisée pour traiter des maladies aiguës, chroniques, sévères, ou pouvant le devenir. L’homéopathie ne doit pas être utilisée pour traiter une symptomatologie d’évolution spontanée vers la guérison, et ne nécessitant donc aucun traitement.
Quant à l’utilisation par les patients, il est important de soulever que les individus qui choisissent l’homéopathie peuvent mettre leur santé en danger s’ils rejettent ou retardent des traitements efficaces.
Les patients doivent donc être informés par les professionnels de santé (pharmacien, médecin, infirmier, sage-femme, dentistes,…) de l’absence d’efficacité de cette pratique, et des potentiels dangers en cas d’utilisation, exclusive ou non.
De plus, nous pensons que l’homéopathie contribue à une surmédicalisation des patients en laissant croire qu’il existe un traitement médical pour chaque situation, pathologique ou non, comme l’anxiété légère, les troubles mineurs du sommeil, la fatigue passagère, etc. Cela ne peut que renforcer l’idée que le « tout médicament » est la solution, et participer ainsi à l’abaissement de l’autonomie des patients, à une mauvaise éducation à la santé et conduire à des dépenses inutiles.


Conclusion
Sur la base des données actuelles de l’évaluation de la pratique homéopathique, nous démontrons que l’homéopathie, en raison de son manque d’efficacité et de bénéfices établis n’a aucune place dans l’arsenal thérapeutique actuel.Pour une pathologie bénigne, d’évolution favorable, l’utilisation de l’homéopathie favorise une surmédicalisation inutile. Certaines situations cliniques ne justifient aucun traitement médicamenteux.Pour des pathologies graves, l’emploi de l’homéopathie peut retarder l’utilisation de traitements ayant une efficacité prouvée, et induire une perte de chance pour les patients, par retard d’une prise en charge efficace.


2.  Pour ces types de symptômes, quels sont les avantages et inconvénients cliniques de l’homéopathie, en particulier par rapport aux alternatives thérapeutiques ?



La pratique homéopathique est associée à des dérives médicales dangereuses qui ont des répercussions négatives sur la santé publique. De ce fait nous démontrons que la pratique homéopathique ne doit pas être associée à la simple prescription d’un placebo. La pratique homéopathique n’offre aucun avantage thérapeutique par rapport à une prise en charge conventionnelle et est associée à des effets collatéraux qui ont des conséquences certaines en santé publique. Le message de sécurité convoyé par certains professionnels de santé ne repose sur aucune étude clinique et ne prend pas en compte les dérives potentiellement néfastes de l’homéopathie.


L’utilité éventuelle du placebo a été discutée dans la revue Prescrire dans de nombreux articles de JJ Aulas (dans les années 1980-1990). Nous pensons que la prescription de placebos va à l’encontre de notre devoir, en tant que professionnels de santé, de prescrire des traitements efficaces, scientifiquement évalués et validés. La prescription d’un remède homéopathique est souvent justifiée « en l’absence d’autre traitement de balance bénéfice-risque acceptable », ce qui inclut les patients dans une situation d’impasse thérapeutique, tout en reconnaissant que ces produits « ont en général l’intérêt de ne pas exposer à des effets indésirables », sans vraiment définir qui profiterait de cet intérêt thérapeutique (Prescrire, 2018). Par ailleurs, considérer que l’homéopathie est un placebo ne justifie pas sa place dans l’arsenal thérapeutique sachant qu’il n’existe aucune recommandation de prise en charge de pathologie impliquant un placebo.
Tout le monde s’accorde sur le fait que la vertu première d’un placebo devrait être son innocuité. Nous apportons des preuves, en particulier des études cliniques, que la pratique homéopathique fait l’objet de dérives thérapeutiques, et peut-être associée à des conséquences négatives pour la santé publique, ce qui l’exclut de facto de la prescription d’un simple placebo. L’étendue exacte de ces conséquences est malheureusement mal étudiée, mal connue et donc mal quantifiée mais des preuves commencent à émerger.

Première conséquence néfaste de la pratique homéopathique : une association documentée avec les mouvements et les croyances anti-vaccins.


Il existe une association reconnue entre la pratique homéopathique et les mouvements anti-vaccination. Cette association a été étudiée par le département des maladies infectieuses de la London School of Hygiene and Tropical Medicine (Gander K, 2017). Les auteurs de ces études ont aussi reconnu que les motifs sous-tendant le scepticisme vaccinal sont mal connus et mal évalués, et mériteraient donc d’être mieux cernés afin de pouvoir cibler les politiques de santé publiques destinées à rétablir la confiance envers les vaccins (Larson, 2011).
La confusion entre la vaccination anti-grippale et certains remèdes homéopathiques est régulièrement faite par les patients et entretenue par certains adeptes de la pratique homéopathique. Cette dérive, aussi entretenue par des professionnels de santé, a conduit l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) à rappeler l’avis du Conseil supérieur d’hygiène publique de France, section des maladies transmissibles, relatif aux vaccins anti-grippaux (séance du 24 novembre 2006) dans un communiqué. Celui-ci rappelle qu’aucun médicament homéopathique ne peut être considéré comme un vaccin contre la grippe (ANSM, 24 novembre 2016). Cette information a été relayée par l’Ordre national des pharmaciens (sur le réseau Twitter). La confusion est régulièrement relayée par la presse grand public (Ouest-France, octobre 2018).
La démarche visant à évaluer le remboursement de l’homéopathie devrait s’inscrire dans une démarche plus globale de compréhension de l’influence de la pratique homéopathique dans les courants de pensées anti-vaccination. Il nous semble important d’en comprendre les raisons sous-jacentes, afin de mieux cibler l’information des professionnels de santé et des patients sur les différences fondamentales entre vaccination et  homéopathie, notamment les bénéfices attendus ou leur absence. Il nous semble également important de rappeler aux professionnels de santé qu’il ne peut pas y avoir de confusion possible entre un vaccin et un produit homéopathique, comme cela a été fait dans un courrier des laboratoires Boiron adressé aux pharmaciens d’officine (Laboratoires Boiron, 7 septembre 2018). Il existe des preuves quantifiant l’association entre pratique homéopathique et défiance vaccinale en France. Une étude observationnelle visant à quantifier la prise en charge des symptômes par des remèdes homéopathiques lors de l’épidémie de grippe de 2009-2010 a mis en évidence que les patients ayant recours aux traitements homéopathiques étaient moins vaccinés que les patients ayant recours à la médecine conventionnelle (6.1% vs 15.5%). Dans cette étude, la couverture vaccinale chez les patients traités par homéopathie (6.1%) était inférieure à la couverture vaccinale moyenne nationale (7.9%) et à la couverture vaccinale moyenne par tranche d’âge (Vincent, 2013, Guthmann, 2010). Le rôle des pharmaciens d’officine dans ce domaine est vital dans la mesure où les pharmaciens ont vu leurs prérogatives étendues à la vaccination et qu’ils sont les professionnels de santé les plus sollicités par les patients qui veulent avoir recours à des traitements complémentaires (Ernest, 2018).
Un encadrement de la pratique homéopathique par le corps médical ne permet pas de réduire complètement ce risque de confusion entre vaccin anti-grippal et homéopathie, dans la mesure où celle-ci a aussi été relayée dans les médias grand public par des professionnels de santé eux-mêmes (intervention de M. Nicolas Hay, président du syndicat des pharmaciens de l’Indre-et-Loire sur France Inter en janvier 2019). Cette intervention radiophonique visait à commenter la pénurie de vaccins antigrippaux. La confusion faite au cours de cet entretien entre vaccins anti-grippaux et remèdes homéopathiques a rapidement été corrigée dans un tweet de Mme Carine Wolf-Thal, Présidente du Conseil de l’Ordre des Pharmaciens. Sans pour autant attribuer la sous-vaccination exclusivement à l’homéopathie, la France reste un pays où la pratique homéopathique est particulièrement prévalente et sujette à une publicité intensive dans les officines, et où le scepticisme vaccinal est l’un des plus importants en Europe (Agence de Santé Publique, 2017, France Inter, décembre 2017).
Les conséquences de la défiance vaccinale, en particulier pour les personnes âgées, ont été soulignées par la Ministre de la Santé, Agnès Buzyn (International Fundation for Ageing, 2018). L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a également relevé l’enjeu de l’hésitation vaccinale pour la santé publique, en l’incluant parmi les « dix menaces pour la santé mondiale pour 2019 » (WHO,2019). L’importance de cette défiance qui concerne 25% de la population française est reconnue par les autorités de santé publique : une lutte efficace contre cette défiance passe par une information rigoureuse des patients et donc une démystification des propriétés hypothétiques des granules homéopathiques comme intervention préventive ou curative dans la grippe (Agence de Santé Publique, 2017). Même si un phénomène similaire est observé dans des pays européens où la pratique homéopathique est beaucoup moins fréquente qu’en France (par exemple au Royaume-Uni), les conséquences peuvent avoir un impact majeur de santé publique, ce qui ne peut être ignoré.

Deuxième conséquence néfaste de l’homéopathie : un refus ou retard de soins des patients souffrant de pathologies graves, responsable notamment d’une surmortalité documentée dans les pathologies cancéreuses.

Il existe des exemples, rarement notifiés, mais de plus en plus fréquemment décrits sur les réseaux sociaux et dans la presse grand public, de patients souffrant de pathologies majeures et dont les traitements nécessaires ont été remplacés par des remèdes homéopathiques (El País 2018, El Plural 2018, Posadzki P, 2012). Le cas récent de Tina Turner, longtemps adepte de la pratique homéopathique et qui a développé une insuffisance rénale aiguë consécutive à un traitement homéopathique pris au détriment de son traitement conventionnel est exemplaire. D’autres exemples observés en particulier chez des enfants sont décrits dans un rapport de l’APETP (APETP, 2018). S’il est difficile de quantifier l’étendue de l’impact de cette dérive thérapeutique, une étude observationnelle récente a montré que les patients qui choisissent des approches « complémentaires » au détriment des traitements conventionnels pour traiter leur cancer ont eu, entre autres, une importante perte de chance thérapeutique (un risque de décès 2 fois plus élevé que les patients traités par la médecine conventionnelle) (Johnson SB, 2018). Une étude récente conduite en Espagne a estimé à un nombre compris entre 1200 et 1500 le nombre annuel de décès associés au retard de soins lié à l’utilisation des remèdes alternatifs (APETP, 2018). Ces effets collatéraux de la pratique homéopathique devraient faire l’objet d’une notification obligatoire systématique aux Agences régionales de santé, et ainsi être pris en compte dans l’évaluation des risques de la pratique homéopathique (en l’absence de bénéfice). La communication avec les structures de pharmacovigilance et les agences réglementaires des produits de santé nous semble impérative dans ce domaine.
La sécurité de la pratique homéopathique est un argument clé mis en avant par les adeptes de cette approche. En France, les promoteurs de cette prise en charge prétendent qu’elle est sans effet secondaire grave. Ainsi par exemple, le Syndicat national des médecins homéopathes français communique activement sur son site que l’homéopathie a une « absence d’effet indésirable grave » (SNMHF, 2010). Une telle position dogmatique ne permet pas de promouvoir une surveillance et une pharmacovigilance actives et adéquates de ces produits, pourtant indispensables à la sécurisation de leur consommation.
La vision de l’homéopathie comme étant une approche « naturelle et sans effet indésirable » sans mise en perspective avec l’absence totale d’efficacité, doit donc être activement changée dans l’esprit du grand public et dans celui des professionnels de santé, dans la mesure où elle entretien le doute et abuse de la crédulité de certains patients (particulièrement en situation d’impasse thérapeutique).

Troisième conséquence néfaste de l’homéopathie : des dérives médicales importantes dans des pathologies graves (y compris des pathologies tropicales).

Les exemples de dérives dans ce domaine sont pléthoriques. Nous en mentionnons à titre d’exemple, pour souligner leur gravité potentielle et le relais fourni sur les média grand public par l’intermédiaire de professionnels de santé dont l’argument d’autorité ne fait aucun doute.
Récemment, le Dr Chemla-Boucara (Présidente d’honneur de l’école d’homéopathie INHF-Paris) prétendait traiter l’asthme à l’aide de l’homéopathie dans l’émission « Grand bien vous fasse » sur l’antenne de France-Inter (15 janvier 2019). La page Facebook « Initiative citoyenne » annonçait un entretien en ligne le 9 juin 2016 avec le Dr Didier Grandgeorge (chargé d’enseignement clinique homéopathique à la faculté de médecine et de pharmacie de Marseille) sur le « protocole chlorum » visant à traiter l’autisme infantile. L’information complète sur le protocole « chlorum » est disponible sur le site de l’Ecole Hahnemanienne d’homéopathie de Fréjus. L’absurdité, l’inutilité et la dangerosité potentielle d’une telle approche thérapeutique doivent être soulignées.
La promotion permanente des pratiques de soins non conventionnelles aboutit à une situation absurde et paradoxale avec un triste renversement des valeurs, les médecines dites « douces » devenant le standard, et la médecine conventionnelle déconsidérée voire rejetée (ou considérée comme une alternative) au profit des traitements homéopathiques.
Les dérives de l’homéopathie soi-disant « humanitaire » dans le traitement de maladies tropicales sont régulièrement rapportées et dénoncées (SIDA, paludisme, Ebola, etc.). Par exemple, l’association Homéopathes Sans Frontières publie une fiche de recommandations pour le traitement homéopathique « de fond » du paludisme qui indique que « le traitement homéopathique du paludisme peut être institué seul dans des cas de paludisme simple, dans la patraquerie paludéenne mais aussi dans le paludisme viscéral évolutif, forme chronique de l’infection à Plasmodium ». Nous soulignons que le cas d’accès palustre observé chez une femme qui avait utilisé de l’homéopathie à visée prophylactique et publié dans le BMJ a été observé en France (Delaunay, 2000).
La pratique homéopathique est associée à l’invention de pathologies pour justifier son action et vendre des remèdes. Cette pratique se nomme le disease mongering. Il s’agit de convaincre des personnes fondamentalement bien portantes qu’elles sont malades, ou des personnes souffrant de troubles bénins qu’elles sont en très mauvaise santé. Dans les études faisant la promotion de l’homéopathie, on observe parfois la création de pathologies. Ainsi, dans l’étude EPI3 financé par le groupe pharmaceutique Boiron, le SADD soit « sleep, anxiety and depressive disorders » a été créé, sans être défini (Grimaldi-Bensouda, 2012). Nous dénonçons ce type de pratique (voir la Revue Prescrire : 2017 ; 37 (406) : 597-603).
Ces dérives sont à mettre en perspective avec les recommandations inclues dans le rapport de la Miviludes remis en mars 2018 au Premier Ministre. Ce rapport a insisté sur « la nécessaire défense de la pensée rationnelle » et ce face, notamment, aux « dérives sectaires dans le domaine de la santé où les pseudothérapeutes déviants sont toujours plus nombreux et imaginatifs » (Miviludes, 2018). La pratique homéopathique contribue vraisemblablement à un glissement vers des dérives sectaires.

Quatrième conséquence néfaste de l’homéopathie : des dépenses injustifiées pour les systèmes de soins qui pourraient être allouées à promouvoir des interventions majeures (par exemple promouvoir l’efficacité et la sécurité vaccinales ou créer des postes de soin).

Les études qui ont conduit à évaluer le rapport coût-efficacité (ou efficience) de l’homéopathie ont mis en évidence soit la mauvaise qualité des études publiées, soit un rapport coût-efficacité des remèdes homéopathiques inférieur à celui des traitements conventionnels (Viskveen, 2014, Ostermann, 2017). Une étude rétrospective de grande taille conduite en Allemagne a constaté que la pratique homéopathique génère davantage de dépenses de santé que les pratiques médicales conventionnelles (Ostermann, 2017). Une étude visant à évaluer le rapport coût-efficacité de l’homéopathie conduite dans le NHS du West Kent en 2007 sur un échantillon aléatoire de patients a conclu à un rapport coût-efficacité négatif et a amené au déremboursement de cette pratique par le NHS de cette région. Cette conclusion a été reprise et validée dans une enquête conduite par le parlement anglais (Chambre des communs) en 2009-2010 (House of Commons, 2009-10).


Conclusion
Nous apportons des preuves que l’évaluation du rapport bénéfice-risque de l’homéopathie doit impérativement prendre en compte l’ensemble des risques de cette pratique, au-delà des effets indésirables immédiats de ces remèdes qui ne reflètent pas les dangers potentiels et dérives de cette pratique.
Pour cette raison, la pratique homéopathique ne saurait être assimilée à la prescription d’un simple placebo. Ces dangers encore mal cernés semblent se révéler dès lors que les patients et professionnels de santé y sont sensibilisés afin de les déclarer et les étudier.
En conséquence, l’impression de sécurité entourant la pratique homéopathique nous semble procéder d’une évaluation superficielle et insuffisante des risques de l’homéopathie (historiquement confiée aux laboratoires qui commercialisent ces produits), évaluation superficielle que nous souhaiterions voir rapidement corrigée.



3. Selon vous, quel est l’impact de l’homéopathie sur l’organisation des soins ?


Sur la base des arguments bibliographiques discutés dans les 2 premières questions, nous avons listé les principales conséquences de l’utilisation et du remboursement de la pratique homéopathique dans le système de santé français, et proposons des actions pour y remédier.


Une éducation à la santé en général et vis-à-vis de l’homéopathie à revoir de façon urgente.

Les adeptes de l’homéopathie semblent vouloir faire croire que pour chaque problème, chaque symptôme, une solution médicamenteuse existe. Ce système du « tout médicament », consumériste, est opposé à la démarche de soins actuelle visant à dé-prescrire, à éduquer les patients à utiliser des thérapeutiques non-médicamenteuses (activité physique, suivi diététique, suivi psychologique, etc) ou à une abstention thérapeutique. Cette démarche de dé-prescription est particulièrement importante dans la prise en charge des personnes âgées (Prescrire, 2017, Montastruc JL, 2017).
Les données issues de l’enquête IPSOS sur l’observatoire des médicaments 2018 soulignent la mauvaise information des français concernant les médicaments homéopathiques. Selon cette étude, 77% des français interrogés ont déclaré faire confiance aux médicaments, 84% des français interrogés faisant confiance aux médicaments remboursés, et 66% à ceux qui ne le sont pas. 69% des français interrogés font confiance aux granules homéopathiques, 69% aux médicaments génériques et 71% aux vaccins. Ces chiffres illustrent parfaitement la mauvaise connaissance qu’ont les patients des produits homéopathiques : la même proportion de personnes fait confiance à des médicaments dénués de toute efficacité, qu’à des médicaments qui ont un intérêt majeur de santé publique (vaccins) ou à des produits dont le rapport bénéfice-risque est parfaitement évalué (les génériques). Ces chiffres illustrent la conduite de certains patients qui préfèrent, en toute bonne foi, avoir recours à l’homéopathie plutôt qu’à des traitements ayant un intérêt thérapeutique majeur (vaccins et parfois traitements anti-cancéreux) (IPSOS, 2018a). Les patients sont également mal informés sur l’homéopathie. Selon un sondage IPSOS conduit en 2018, 59% des français qui décident de se soigner par homéopathie le font parce qu’ils pensent que les « médicaments » homéopathiques sont « naturels donc meilleurs pour la santé ». Par ailleurs, selon ce même sondage, 44% des français se considèrent comme « assez mal » ou « très mal » informés sur l’homéopathie (IPSOS, 2018b).

Un surcoût injustifié et des ressources qui pourraient être beaucoup mieux utilisées par le système de soins français.

Le coût actuel de l’homéopathie est estimé à 130 millions d’euros, mais ce calcul ne prend en compte que le remboursement des prescriptions : il ne considère ni le coût des consultations réalisées par des homéopathes, ni le coût des retards de prise en charge, ni le coût pourtant très élevé de cette pratique pour les complémentaires santé. À titre d’exemple, cette somme minimum de 130 millions correspond à plus de 4 000 postes d’aides-soignants, ou à plus de 5 millions de consultations par des médecins conventionnels et à tout autant de consultations de diététique ou de psychothérapies nécessaires à la prise en charge de certains patients.

Une identification des patients en échec thérapeutique et une information sur les dangers associés à l’utilisation des pratiques dites « complémentaires ».

La défiance d’un certain public envers la médecine pourtant fondée sur les preuves scientifiques peut entraîner une importante perte de chance par arrêt de traitements en cours, que ce soit par la proposition d’un traitement illusoire ou insuffisamment éprouvé (par exemple l’homéopathie), ou bien par le rejet de la médecine basée sur les preuves (par exemple, utilisation du terme « allopathe »). Ce peut être le cas notamment lors de traitements lourds et/ou au long cours, ou lors de traitements présentant des effets indésirables pourtant connus (RCP), expliqués (consentement éclairé) et surveillés (pharmacovigilance) (Nadareishvili, 2017).
Il est parfaitement établi que certains patients en situation d’impasse thérapeutique dans des pathologies très graves ont tendance à se tourner vers les pratiques « alternatives » (Cortinas Rovira, 2017). Ces patients doivent être précocement identifiés, informés et pris en charge afin de prévenir ce risque. L’utilisation de l’homéopathie dans ces situations ne fait qu’entretenir ce risque. Une étude conduite en 2004 a souligné la dangerosité de l’information contenue sur des sites internet de « médecines alternatives » offrant des traitements contre le cancer (Schmidt, 2004). L’utilisation de l’homéopathie dans les structures de soins publiques devrait être immédiatement arrêtée, au profit d’un accompagnement psychologique et social par exemple, d’autant qu’elle crédibilise une pratique sans qu’aucune preuve de son fonctionnement ou de son efficacité n’existe au-delà des effets contextuels.

Un abaissement de l’autonomie du patient et l’introduction d’un biais dans la relation médecin-patient.

Le médecin prescrivant un traitement homéopathique prescrit de fait un médicament sans efficacité, sans en informer le patient et parfois en prétendant le contraire. Ceci est contraire à la loi (dite Kouchner) qui prévoit une information libre et éclairée du patient. Dans le cadre de l’homéopathie, il n’y a pas de transmission du savoir du soignant vers le patient, mais une simple circulation dont le soignant se fait le relais, sans preuve (Le quotidien du médecin, 2016, Fainzang, 2006).
D’un soin non rationnel, naît un déséquilibre entre le médecin, qui prétend avoir une connaissance étendue dans un domaine mystique (l’homéopathie), et le patient. Cette connaissance ne reposant que sur des « données biaisées, et inaccessibles au non sachant », il n’est pas possible pour le patient de se les approprier et d’en avoir une compréhension. Dès lors, il est impossible pour lui de les contester, de se les approprier, et le traitement lui est imposé par autorité.
Ce paternalisme, pourtant décrié aujourd’hui dans la relation soignant-patient, est un élément ainsi mis en valeur dans la prise en charge par un homéopathe.

La nécessité, pour les autorités de santé publique, d’entreprendre une étude plus approfondie des effets collatéraux, parfois graves, de la pratique homéopathique, et de cesser l’octroi d’indications thérapeutiques non justifiées.

La sécurité de la démarche homéopathique devrait donc être étudiée en France, en particulier par l’ANSM. Des agences réglementaires ont récemment conduit ce type d’étude. Ainsi aux USA, la FDA a conduit une enquête, chez les bébés et enfants, sur plus de 400 effets indésirables notifiés avec des produits dentaires homéopathiques, dont 10 décès, sur une période de 6 ans (FDA, 2016). Nous concevons que le statut de l’homéopathie est différent en France et aux USA, cependant la conduite de telles études nous apparaît essentielle pour mieux quantifier les dangers associés à la dérive homéopathique (Abbasi 2017), tant sur un plan pharmacoépidémiologique que sur un plan pharmacoéconomique.
Le mécanisme principal d’acceptation du principe homéopathique (non prouvable par l’expérimentation) repose sur « l’ouverture d’esprit » ou la « croyance ». Cela expose les personnes sensibles aux nombreuses formes de pseudo-thérapies reposant sur des hypothèses non scientifiques, illusoires et imaginaires. Par exemple, le laboratoire Weleda a été créé par R. Steiner et des médecins anthroposophes (rapport Mividules 2017), et des cas de dérives de certains homéopathes vers les mouvements sectaires sont rapportés.
Les autorités réglementaires françaises devraient aussi impérativement arrêter d’octroyer des indications thérapeutiques à certaines spécialités homéopathiques sans preuves scientifiques.


Un nécessaire enseignement universitaire des principes de la médecine basée sur les preuves scientifiques, et un arrêt de l’enseignement de l’homéopathie.

Sur la base de notre analyse, il nous paraît impératif de prendre en charge les dérives des professionnels de santé en la matière et de cesser l’enseignement de l’homéopathie dans les universités françaises, ce d’autant qu’un tel enseignement offre une crédibilité scientifique à cette pratique en dépit des faits que nous discutons dans notre analyse (Figaro, 2018, Guglielmi, 2018).

Conclusion de notre contribution :


Au-delà de l’absence d’efficacité de l’homéopathie qui est parfaitement établie, nous démontrons dans notre analyse que la pratique homéopathique ne doit pas être assimilée à l’utilisation d’un simple placebo.
L’évaluation indigente de l’homéopathie en France a été confiée essentiellement aux laboratoires qui commercialisent ces produits, qui n’ont pas pris en compte les dérives de cette pratique et les conséquences avérées et sous-notifiées en termes de santé publique. Force est de constater que le signal de dangerosité de l’homéopathie est issu des réseaux sociaux et non pas des structures de santé publiques.
En dehors du déremboursement des remèdes homéopathiques, nous encourageons les autorités de santé publique à mettre en place des mesures qui visent à exclure cette pratique des établissements de soins, à fournir un enseignement rigoureux aux professionnels de santé, à conduire des études cliniques ou épidémiologiques et à informer le grand public sur l’absence d’efficacité et la dangerosité potentielle et les dérives avérées de cette pratique.
Les économies générées par le déremboursement pourraient être utilisées soit pour créer des postes de soins, soit pour conduire des campagnes d’information sur les médicaments ayant un intérêt majeur en santé publique (les vaccins par exemple).
Nous notons que certains pays vont beaucoup plus loin dans cette démarche et demandent une exclusion de l’homéopathie du cadre de la Directive 2001/83/EC.
Contrairement à ce qu’affirment les adeptes de l’homéopathie et conformément aux recommandations de l’Académie des sciences, cette pratique doit se soumettre aux standards modernes d’évaluation des pratiques médicales et ceci impérativement pour en quantifier les risques.



Références bibliographiques :

Notre recherche bibliographique a été conduite sur Pubmed entre les 10 et 21 janvier 2019 et par l’intermédiaire de livres ou revues médicales de référence (Prescrire).
Nous avons aussi délibérément choisi d’utiliser des références issues de sources publiques (presse médicale générale, presse grand public, radio) pour illustrer notre analyse avec les messages transmis par l’intermédiaire de ces média accessibles à tous. Cette recherche dans certaines sources publiques n’est donc pas exhaustive mais se veut illustrative.
Abbasi J. Amid Reports of Infant Deaths, FTC Cracks Down on Homeopathy While FDA Investigates. JAMA. 2017;317(8):793–795. doi:10.1001/jama.2016.19090
Académie des Sciences. L’homéopathie : nuisible ou utile ? Les scientifiques européens recommandent une approche fondée sur la preuve scientifique. http://www.academie-sciences.fr/pdf/communique/easac_290917.pdf
Altman D. Statistics notes: Absence of evidence is not evidence of absence. BMJ 1995; 311 doi: https://doi.org/10.1136/bmj.311.7003.485 (Published 19 August 1995)
ANSM. L’ANSM rappelle qu’aucun médicament homéopathique ne peut être considéré comme un vaccin contre la grippe – Point d’Information. 24 novembre 2016. https://ansm.sante.fr/ S-informer/Points-d-information-Points-d-information/L-ANSM-rappelle-qu-aucun-medicament- homeopathique-ne-peut-etre-considere-comme-un-vaccin-contre-la-grippe-Point-d-Information(consulté le 7 octobre 2018).
Asociación para Proteger al Enfermo de Terapias Pseudocientíficas (APETP). Cervera F, Gómez Y Fernando Frías JM. Primer Informe Sobre Fallecidos A Causa De Pseudoterapias En España. 2018 http://www.medicosypacientes.com/sites/default/files/Informe-pseudociencias-2018.pdf
Base de données publique des médicaments. OSCILLOCOCCINUM, granules en récipient unidose – Résumé des caractéristiques du produit (mise a jour du 13 Octobre 2016) http://base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr/affichageDoc.php?specid=67947501&typedoc=R
Bégaud B, Costagliola D. Rapport sur la surveillance et la promotion du bon usage du médicament en France, 2013. https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/Rapport_Begaud_Costagliola.pdf
Cochrane training. Cochrane Handbook for Systematic Reviews of Interventions; 2018a. https://handbook-5-1.cochrane.org/chapter_8/8_15_1_2_baseline_imbalance.htm
Cochrane training. Cochrane Handbook for Systematic Reviews of Interventions; 2018b. https://handbook-5-1.cochrane.org/chapter_8/table_8_5_d_criteria_for_judging_risk_of_bias_in_the_risk_of.htm
Cochrane training. Cochrane Handbook for Systematic Reviews of Interventions, 2018c. https://handbook-5-1.cochrane.org/chapter_8/table_8_4_a_a_common_classification_scheme_for_bias.htm
Collectif bon usage du médicament. Mobilisation inédite de plus d’1 million d’acteurs de santé pour promouvoir le « Bon usage » du médicament. Les 10 préconisations du Collectif bon usage du médicament (Mars 2018). https://www.leem.org/sites/default/files/2018-04/DP-Collectif_0.pdf
Committee for Medicinal Products for Human Use. Guideline on medicinal products for the treatment of insomnia. EMA/CHMP/16274/2009 previously (EMEA/16274/2009) Rev. 1 http://www.ema.europa.eu/docs/en_GB/document_library/Scientific_guideline/2011/02/WC500102351.pdf
Committee for Medicinal Products for Human Use. Guideline on the evaluation of medicinal products indicated for treatment of bacterial infections. CPMP/EWP/558/95 rev 2. http://www.ema.europa.eu/docs/en_GB/document_library/Scientific_guideline/2009/09/WC500003417.pdf
Committee for Medicinal Products for Human Use. Guideline on clinical investigation of medicinal products in the treatment of depression. EMA/CHMP/185423/2010 Rev. 2 previously (CPMP/EWP/518/97, Rev. 1) http://www.ema.europa.eu/docs/en_GB/document_library/Scientific_guideline/2013/05/WC500143770.pdf
Davenas et coll. « Human basophil degranulation triggered by very dilute antiserum against IgE Nature » 1988 ; (333) : 816–818.
Delaunay P et al. Homoeopathy may not be effective in preventing malaria. BMJ. 2000 Nov 18; 321(7271): 1288.
Directive 2001/83/EC du Parlement européen et du Conseil du 6 novembre 2001 instituant un code communautaire relatif aux médicaments à usage humain (recital 21). https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/PDF/?uri=CELEX:32001L0083&from=EN(consultée le 7 octobre 2018).
Ecole Hahnemanienne d’homéopathie de Fréjus. Traitement Homeopathique pour l’Autisme Le remède Chlorum et les Autres. Dr Didier Grandgeorge, Pédiatre Homéopathe, FREJUS FRANCE (Septembre 2015) http://www.homeopathe.org/FR/Autisme_Sep2015.html
El País. Hundreds of Spanish scientists ask for action against pseudoscience “that kills”. El Pais (English version). 25 september 2018. https://elpais.com/elpais/2018/09/24/inenglish/ 1537804324_083016.html (consulté le 7 octobre 2018).
Ernst E. SCAM, so-called alternative medicine. Societas. 2018.
EU trials tracker. http://eu.trialstracker.net/(recherche conduite le 12 septembre 2018).
Fainzang S. “Transmission et circulation des savoirs sur les médicaments dans la relation médecin-malade” in “Le médicament au cœur de la société contemporaine”, PUQ 2006, 299 pages.
Le Figaro. La faculté de médecine de Lille suspend son diplôme d’homéopathie. Article publié le 2 Septembre 2018 et mis à jour le 11 Septembre 2018.
France Inter. 2017, l’année de la défiance vaccinale. https://www.franceinter.fr/sciences/2017-l-annee-de-la-defiance-vaccinale
Freckelton L. Death by homeopathy: issues for civil, criminal and coronial law and for health service policy. J Law Med. 2012 Mar;19(3):454-78 (abstract consulté le 7 octobre 2018).
Gander K. WORLD IMMUNISATION WEEK: THE RISE OF THE ANTI-VACCINE MOVEMENT AND WHAT IT MEANS FOR PUBLIC HEALTH. The Independent. 27 April 2017. https:// www.independent.co.uk/life-style/health-and-families/world-immunisation-week-anti-vaccine- movement-rise-vaxxers-mmr-autism-scare-big-pharma-government-a7705806.html (Article consulté le 14 janvier 2019).
Grimaldi-Bensouda L, Begaud B, Lert F, Rouillon F, Massol J, Guillemot D, Avouac B, Duru G, Magnier AM, Rossignol M, Abenhaim L; EPI3-LA-SER Group. Benchmarking the burden of 100 diseases: results of a nationwide representative survey within general practices. BMJ Open. 2011 Nov 14;1(2):e000215. doi: 10.1136/bmjopen-2011-000215. Print 2011.
Grimaldi-Bensouda L, Engel P, Massol J, Guillemot D, Avouac B, Duru G, Lert F, Magnier AM, Rossignol M, Rouillon F, Abenhaim L, Begaud B; EPI3-LA-SER group. Who seeks primary care for sleep, anxiety and depressive disorders from physicians prescribing homeopathic and other complementary medicine? Results from the EPI3 population survey. BMJ Open. 2012 Nov 22;2(6). pii: e001498. doi: 10.1136/bmjopen-2012-001498. Print 2012.
Grimaldi-Bensouda L, Bégaud B, Rossignol M, Avouac B, Lert F, Rouillon F, Bénichou J, Massol J, Duru G, Magnier AM, Abenhaim L, Guillemot D. Management of upper respiratory tract infections by different medical practices, including homeopathy, and consumption of antibiotics in primary care: the EPI3 cohort study in France 2007-2008. PLoS One. 2014 Mar 19;9(3):e89990. doi: 10.1371/journal.pone.0089990. eCollection 2014.
Grimaldi-Bensouda L, Abenhaim L, Massol J, Guillemot D, Avouac B, Duru G, Lert F, Magnier AM, Rossignol M, Rouillon F, Begaud B; EPI3-LA-SER Group. Utilization of psychotropic drugs by patients consulting for sleeping disorders in homeopathic and conventional primary care settings: the EPI3 cohort study. Homeopathy. 2015 Jul;104(3):170-5. doi: 10.1016/j.homp.2015.05.002. Epub 2015 Jun 10.
Grimaldi-Bensouda L, Abenhaim L, Massol J, Guillemot D, Avouac B, Duru G, Lert F, Magnier AM, Rossignol M, Rouillon F, Begaud B; EPI3-LA-SER group. Homeopathic medical practice for anxiety and depression in primary care: the EPI3 cohort study. BMC Complement Altern Med. 2016 May 4;16:125. doi: 10.1186/s12906-016-1104-2.
Guglielmi G. Peer-reviewed homeopathy study sparks uproar in Italy. Nature 2018 (562): 173 – 174.
Guthmann JP, Bone A, Nicolau J, Lévy-Bruhl D. Insuffisance de couverture vaccinale grippale A(H1N1)2009 en population générale et dans les groupes à risque durant la pandémie 2009-2010 en France. BEHWeb 2010 (3). www.invs.sante.fr/behweb/2010/03/index.htm
Homeopathes sans frontières. Paludisme. https://hsf-france.com/IMG/pdf/paludisme_.pdf(consulté le 7 octobre 2018).
House of Commons. Science and technology committee. Evidence check 2: homeopathy. Fourth report of the session 2009-10. https://publications.parliament.uk/pa/cm200910/cmselect/cmsctech/45/45.pdf
International foundation for ageing. Les effets de la défiance a l’égard des vaccins en France sur les personnes âgées. https://www.ifa-fiv.org/les-effets-de-la-defiance-legard-des-vaccins-en-france-sur-les-personnes-agees/
Ioannidis JPA. Why Most Published Research Findings Are False. PLoS Med 2(8): e124 https://journals.plos.org/plosmedicine/article/file?id=10.1371/journal.pmed.0020124&type=printable
Ioannidis JPA. The Proposal to Lower P Value Thresholds to .005. JAMA.  2018;319(14):1429-1430. doi:10.1001/jama.2018.1536
IPSOS. Les chiffres de l’Observatoire sociétal du médicament Ipsos/Leem 2018a https://www.leem.org/les-chiffres-de-lobservatoire-societal-du-medicament-ipsosleem-2018(consulté le 15 janvier 2019).
IPSOS. L’homéopathie plébiscitée par les Français.2018b https://www.ipsos.com/fr-fr/lhomeopathie-plebiscitee-par-les-francais
Johnson SB et al. Complementary Medicine, Refusal of Conventional Cancer Therapy, and Survival Among Patients With Curable Cancers. JAMA Oncol. Published online July 19, 2018. doi: 10.1001/jamaoncol.2018.2487.
Laboratoires Boiron. Courrier daté du 7 septembre 2018 adressé aux pharmaciens ayant commandé de ‘l’influenzinum’.
Larson et al. Addressing the vaccine confidence gap. Lancet 2011 (378) : 526 – 535. https:// www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(11)60678-8/fulltext
Lert F, Grimaldi-Bensouda L, Rouillon F, Massol J, Guillemot D, Avouac B, Duru G, Magnier AM, Rossignol M, Abenhaim L, Begaud B; EPI3-LA-SER Group. Characteristics of patients consulting their regular primary care physician according to their prescribing preferences for homeopathy and complementary medicine. Homeopathy. 2014 Jan;103(1):51-7. doi: 10.1016/j.homp.2013.09.001.
Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires. Rapport d’activité 2016 et premier semestre 2017. Etudes. https://www.derives-sectes.gouv.fr/sites/default/files/publications/francais/rapport_miviludes_2017_web_v2_0.pdf
Montastruc JL “Médicamentation de la société, l’affaire de tous : le point de vue de la pharmacologie sociale”, Rev Prescrire 2017 ; 37 (406) :597-603.
Nadareishvili I et coll. “Use of complementary and alternative medicine in Georgia”, Georgian Med News 2017 ; 272 : 157-164. 
National Health and Medical Research Council (NHMRC) – les rapports d’évaluation de cette revue systématique sont disponible sur le site du NHMRC à l’adresse suivante : https://nhmrc.gov.au/about-us/publications/homeopathy
Ostermann JK, Witt CM, Reinhold T. A retrospective cost-analysis of additional homeopathic treatment in Germany: Longterm economic outcomes. PLoS ONE 12(9): e0182897. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0182897
Ouest-France. Grippe saisonnière : le vaccin disponible. Ouest-France. 6-7 octobre 2018.
Le Parisien. Santé : l’homéopathie, à petites doses seulement ! (21 octobre 2017). http://www.leparisien.fr/societe/sante-l-homeopathie-a-petites-doses-seulement-21-10-2017-7346232.php
Piantadosi S Complementary and alternative medicine in Clinical trials, a methodological perspective. 3rd edition. Wiley. 2017.
Pocock SJ & Stone GW. The primary outcome fails – What next? New Engl J Med. 2016; 375:861-870 DOI: 10.1056/NEJMra1510064
Posadzki P, Alotaibi A, Ernst E. Adverse effects of homeopathy: a systematic review of published case reports and case series. Int J Clin Pract. 2012 Dec;66(12):1178-88. doi: 10.1111/ijcp.12026.
Prescrire Rédaction “Soins dangereux ou inutiles : un gâchis humain et économique”, Rev Prescrire 2017 ; 37 (405) : 532.
La Revue Prescrire. L’évaluation de l’homéopathie en 30 ans de revue Prescrire. http://www.prescrire.org/fr/3/31/55347/0/NewsDetails.aspx(consulté le 7 octobre 2018)
Le quotidien du médecin. Relation médecin-patient : droits et devoirs. 2016. https://www.lequotidiendumedecin.fr/actualites/article/2016/02/05/relation-medecin-patient-droits-et-devoirs_840011
Rossignol M, Begaud B, Avouac B, Lert F, Rouillon F, Bénichou J, Massol J, Duru G, Magnier AM, Guillemot D, Grimaldi-Bensouda L, Abenhaim L. Benchmarking clinical management of spinal and non-spinal disorders using quality of life: results from the EPI3-LASER survey in primary care. Eur Spine J. 2011 Dec;20(12):2210-6. doi: 10.1007/s00586-011-1780-z. Epub 2011 Apr 13.
Rossignol M, Bégaud B, Avouac B, Lert F, Rouillon F, Bénichou J, Massol J, Duru G, Magnier AM, Guillemot D, Grimaldi-Bensouda L, Abenhaim L. Who seeks primary care for musculoskeletal disorders (MSDs) with physicians prescribing homeopathic and other complementary medicine? Results from the EPI3-LASER survey in France. BMC Musculoskelet Disord. 2011 Jan 19;12:21. doi: 10.118471-2474-12-21.
Rossignol M, Begaud B, Engel P, Avouac B, Lert F, Rouillon F, Bénichou J, Massol J, Duru G, Magnier AM, Guillemot D, Grimaldi-Bensouda L, Abenhaim L; EPI3-LA-SER group. Impact of physician preferences for homeopathic or conventional medicines on patients with musculoskeletal disorders: results from the EPI3-MSD cohort. Pharmacoepidemiol Drug Saf. 2012 Oct;21(10):1093-101. doi: 10.1002/pds.3316. Epub 2012 Jul 11.
Rovira SC, Raffio V. The choice of pseudoscientific therapies as an alternative to scientific medicine. European Journal of Interdisciplinary Studies. 2017 ; 3 (4) :13-17 doi: http://dx.doi.org/10.26417/ejis.v9i1.p13-17. Available at: http://journals.euser.org/index.php/ejis/article/view/2584.
Santé Publique France. Élargissement De L’obligation Vaccinale à 11 Maladies Un Enjeu De Santé Publique. http://inpes.santepubliquefrance.fr/10000/themes/vaccination/pdf/Dossier-Pedagogique-Obligation-vaccinale070717.pdf
Schmidt K, Ernst E. Assessing websites on complementary and alternative medicine for cancer. Ann Oncol. 2004 May;15(5):733-42.
Syndicat National des Médecins homéopathes Français. La Réponse du SNMHF au Rapport d’Elisabeth Hubert sur la Médecine de proximité – Juillet 2010. http://www.snmhf.net/index.php?option=com_content&view=category&layout=blog&id=35&Itemid=361
Syndicat National des Médecins Homéopathes Français. Du particularisme de l’évaluation du médicament homéopathique. COMMUNIQUE DE PRESSE – 31 JUILLET 2018.
US Food and Drug Administration. FDA warns against the use of homeopathic teething tablets and gels (September 2016). https://www.fda.gov/NewsEvents/Newsroom/PressAnnouncements/ucm523468.htm
US Food and Drug Administration. Homeopathic products (Mars 2018). https://www.fda.gov/Drugs/DrugSafety/InformationbyDrugClass/ucm589282.htm
Viksveen P, Dymitr Z, Simoens S. Economic evaluations of homeopathy: a review. Eur J Health Econ. 2014 Mar;15(2):157-74. doi: 10.1007/s10198-013-0462-7. Epub 2013 Feb 10.
Vincent S, Demonceaux A, Deswarte D, Scimeca D, Bordet MF. Management of influenza-like illness by homeopathic and allopathic general practitioners in France during the 2009-2010 influenza season. J Altern Complement Med. 2013 Feb;19(2):146-52. doi: 10.1089/acm.2011.0706
Walker AJ, Croker R, Bacon S, Ernst E, Curtis HJ, Goldacre B.Is use of homeopathy associated with poor prescribing in English primary care? A cross-sectional study. J R Soc Med. 2018 May;111(5):167-174. doi: 10.1177/0141076818765779. Epub 2018 Apr 18.
World Health Organisation. Ten threats to global health 2019. 2019. https//www.who.int/emergencies/ten-threats-to-global-health-in-2019
20 Minutes. Iatrogénie médicamenteuse: « Les Français doivent sortir de cette culture de surconsommation du médicament » (Mars 2018) https://www.20minutes.fr/sante/2241803-20180321-iatrogenie-medicamenteuse-francais-doivent-sortir-culture-surconsommation-medicament